A l’Est rien de nouveau

Avec les tensions entre la Russie et l’Europe Centrale et Balte, pouvons-nous nous poser la question de savoir si nous sommes à la fin d’une période de 70 ans de paix, en Europe, ou si nous retournons vers un format de crise internationale comme nous en avons connues, lors de la Guerre Froide. Analyse.

L’Europe Centrale et Balte se militarise

Depuis l’annexion de la Crimée par la Russie, la Pologne et les pays Baltes sont en première ligne contre une possible guerre d’annexion de la Russie. Cette crainte commune des pays d’Europe Centrale vient du petit territoire russe connu sous le nom d’Oblast de Kaliningrad. Ce pied à terre russe en Europe est la région la plus militarisée d’Europe avec 10.000 militaires et des missiles à courte et moyenne portée, Iskander. Avec cette armada, le port principal lituanien de Klaipeda -qui se trouve à la frontière russe- n’aurait aucune chance face à ce mur de feu ainsi que la Lituanie en générale. Le nord de la Pologne pourrait connaître le même sort. Hormis Varsovie qui d’après la stratégie de l’armée polonaise, serait un verrou pour n’importe quelle armée. Du fait que la ville moderne de Varsovie a été conçue pour vivre en complète autarcie en cas d’invasion et peu aussi accueillir une grande partie des troupes polonaises et revivre  sans trop de difficulté la résistance acharnée de l’insurrection de Varsovie, de 1944-1945, contre les troupes allemandes.

Mais avant de revivre ces instants tragiques, la Pologne et la Lituanie se préparent petit à petit contre une future invasion. En effet la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, a réinstauré, en mars 2015, le service militaire pour les jeunes lituaniens afin de préparer cette jeune population à défendre le territoire en cas d’agression. En ce qui concerne la Pologne où le service militaire n’est plus obligatoire, de plus en plus d’hommes et de femmes âgés de 16 à 40 ans, rejoignent les Strzelec -les mitrailleurs- une sorte de milice paramilitaire qui entraîne ses recrus à l’art de la guerre mais avec des armes factices. Ils seraient environ 30.000 strzelec, sur le territoire polonais prêts à faire couler le sang contre l’ennemi héréditaire de la Pologne, la Russie.

Mais une initiative plus audacieuse a été mise en place en 2014. En effet la Pologne, la Lituanie et l’Ukraine ont créé une brigade militaire afin de contrer toute menace militaire contre un de ces trois états. Cette force compte 4.500 soldats basés, à Lublin, dans l’Est de la Pologne, à mi distance entre Varsovie et la frontière polonaise. Petite anecdote, le choix de cette ville n’est pas que de nature géo-stratégique mais aussi de nature historique. En effet, Lublin est la ville qui a vu naître la République des deux Nations, le 1er juillet 1569. Union qui unit la Couronne polonaise au Grand Duché de Lituanie. La création de cette brigade militaire montre une volonté de ces pays à se réunir une fois encore afin de contrer contre toutes menaces qui pourraient les anéantir.

Le rôle de l’OTAN, dans cette crise

Enfin les Etats-Unis, sous commande de l’OTAN, ont déployé des missiles sol-air Patriots, à Sochaczew, dans le nord de Varsovie afin de protéger la capitale polonaise. Mais surtout les Etats-Unis ont initié l’opération Dragoon Ride qui a pour but de déployer le 2ème régiment de cavalerie et le 3ème régiment d’infanterie américaine et qui couvriront 1770 km entre l’Estonie et la Pologne. Le but de cette manœuvre est de montrer aux pays d’Europe de l’Est qu’ils peuvent toujours faire confiance aux Etats-Unis car ils sont là pour eux. Mais surtout de montrer aux russes, que si ils veulent annexer tout nouveau territoire européen, ils devront faire face à la puissance de feu américaine.

De la possibilité d’un conflit avec la Russie

La Pologne et les pays Baltes sont devenus membre de l’OTAN, en 1999 et en 2004. L’OTAN est une alliance militaire qui prône la sécurité collective, dans l’article 5 du traité de Washington. C’est-à-dire, si un pays de l’alliance se fait attaquer par un pays tiers, alors le reste des pays de l’alliance devront venir aider le pays attaqué. Donc si Poutine décide d’annexer l’Estonie car elle abrite une minorité russe, alors elle devra faire face à toutes les armées de l’OTAN. Les médias mainstreams aiment à penser que Poutine est dictateur fou ayant soif de sang mais il en reste un homme rationnel et surtout fin stratège. De même que la stratégie russe est de s’éloigner le plus possible de l’OTAN grâce une zone tampon qui existe déjà, une ceinture qui va du Belarus, en passant par l’Ukraine et la Moldavie. Alors pourquoi Poutine voudrait annexer les pays Baltes si c’est pour se retrouver nez à nez avec les pays de l’OTAN.

De plus une guerre contre la Russie devra être une guerre éclaire qui devra commencer au printemps et finir à la fin de l’été afin d’éviter les Généraux Janvier et Février qui ne feraient qu’une bouchée des troupes Otaniennes. Tous les Généraux ont en tête les campagnes Napoléonienne et allemande qui se sont soldées par le même constat, aucune armée ne peut résister à l’hiver russe.

En conclusion nous serions dans une situation de zero-sum game où aucune des parties de pourraient sortir réellement vainqueur.

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