Festival Lumière 2015 : Scorsesement vôtre

imagesMartin Scorsese Prix Lumière 2015 !

 

Les Affranchis
Les Affranchis

Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis, Les Infiltrés, Shutter Island… autant de films cultes, tous du même réalisateur : Martin Scorsese!!! Alors ne ménageons pas plus longtemps le suspense, tout le monde sachant d’or et déjà, comme le montrent les soirées principales complètes depuis des mois, Martin Scorsese sera bel et bien l’invité d’honneur et gagnant (s’il en faut un) du Prix Lumière 2015. Autant dire que cela va envoyer de la patate sur Lyon durant une semaine de folie cinématographique, entre films mythiques restaurés et présentés par des stars, tapis rouge noir de monde, soirées (très) arrosées à La Plateforme et acteurs déambulant en toute simplicité dans les rues pavées du Vieux Lyon.

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Thierry Frémaux

Alors enfourchons nôtre vélo avec Thierry Frémaux – directeur du Festival Lumière et du centre cinématographique Lumière, et accessoirement programmateur en chef du Festival de Cannes et fana de vélo (il faut le voir en costume sur son VTT jaune) – et Bertrand Tavernier – mémoire du cinéma ; lui aussi directeur du Festival Lumière et responsable de l’Institut – à la découverte de la programmation alléchante du cru 2015.

Lyon, ville du cinéma

Oui oui oui, vous avez bien lu, Martin Scorsese, himself dans les traboules lyonnaises, c’est bien sûr le gros coup de la part des organisateurs, et une fière reconnaissance de la part de cet immense réalisateur de la place centrale de Lyon dans l’histoire du cinéma mondial. Car pour ceux qui ne le sauraient pas encore, les Frères Lumière ont inventé le cinéma à Lyon ! Le procédé de mise en image de la mobilité, vous le devez à ces deux génies de Lyonnais ! Sans eux, pas de Hollywood, pas de Nouvelle Vague, pas de Méliès, pas de Wong Kar Wai, pas de western spaghetti, pas de Hitchcock ou de Grace Kelly. Pas non plus de Martin Scorsese.

Villa Lumière
Villa Lumière

Chaque automne, depuis désormais 7 ans, le Festival Lumière remet les pendules à l’heure et impose Lyon comme lieu de naissance du cinéma mais aussi comme lieu de sauvegarde et promotion du cinéma ! Car le Festival Lumière, au contraire des festivals de Cannes et de la Mostra par exemples, n’a pas pour but de promouvoir de nouveaux films ; pas plus qu’il n’a de créer une compétition. Ici, tout est lieu d’hommage au cinéma. À toutes les formes de cinéma. Des premiers essais des Lumière à la 3D, de Chaplin à Tarantino, de Mastroianni à Ida Lupino, du noir et blanc au numérique (même si la préférence va au 33mm), du comique Sergio Leone au tragique Ingmar Bergman, du dessin animé japonais aux bandes-annonces, toutes les formes de cinéma sont présentées lors de chaque festival. Pas de compétition, seulement un hommage à un grand acteur ou réalisateur qui reçoit le Prix Lumière, sorte de récompense d’honneur pour toute une vie dédiée au septième art. De Clint Eastwood à Gérard Depardieu en passant par Almodovar ou Loach… et donc Martin Scorsese. Celui-ci reçoit le Prix Lumière mais partage l’affiche avec d’autres grands noms, tels Jean-Paul Belmondo, dont l’hommage rendu en 2013 est resté dans les mémoires émouvant les 4000 spectateurs (notamment Gérard Collomb en larmes et Quentin Tarantino), ou encore Sophia Loren, heureuse de venir cette année.

Petit extrait de la présentation du Festival 2013 (vidéo amateur, désolé de la mauvaise qualité) :

Les grandes projections et grandes restaurations

Le Festival Lumière est l’occasion de redécouvrir les classiques du cinéma, des inconnus retrouvés, de célébrer le cinéma d’auteurs comme les comédies grand public, car, il n’y a pas un seul style de cinéma, uniquement une technique de suite d’images défilantes qui produit, grâce à l’imagination et l’accessoirisation, des films différents.

Chaque année sont présentés des films restaurés afin de remettre en valeur la patte artistique des réalisateurs et techniciens. Cette année vous pourrez vous délecter devant Léon Morin prêtre, Section spéciale ou L’Histoire officielle et la trilogie provençale de Pagnol. Des films restaurés mais aussi de grandes projections comme Out of Africa, Docteur Jivago ou encore Bled Runner et Ivan le terrible et des ressorties ou curiosités (Hôtel des Amériques, King Kong, La Vallée de la peur…).

Le Festival est composé de plusieurs sous-ensembles et d’événements spécifiques. Les nuits d’ouverture et de remise de prix sont sold-out 10 minutes après ouverture des billetteries. La nuit d’ouverture du Lundi est encore secrète. Pour la remise de prix (le vendredi), on attend tous les acteurs fétiches de Martin Scorsese, de Leonardo di Caprio à Robert de Niro. On croise aussi les doigts pour que George Lucas et Francis Ford Coppola soient de la partie (oui je sais, l’espoir fait vivre). La clôture du dimanche est moins prisée et pourtant, elle est l’occasion de croiser et discuter avec des acteurs venus prendre du plaisir sans le bain de foule atroce cannois. Car les Lyonnais sont pudiques et respectent les acteurs. D’ailleurs, attention aux plus prétentieux artistes, le public les dénigrera sans ménagement.

Une nouvelle nuit est organisée en partenariat avec l’Auditorium – Orchestre national de Lyon, le mardi. Elle sera inaugurée par un hommage rendu à Sophia Loren avec le film de Vittorio de Sica La Ciociara. Le mercredi après-midi est réservé aux enfants avec la privatisation de la Halle Tony Garnier (4000 places, des dizaines de trasat’…). avec dessins animés de Pixar et goûter. La nuit du samedi est prisée des étudiants car de 20h à 8h du matin se succèdent une série de films sur la « Peur » (The Thing de John Carpenter, La Nuit des morts-vivants, Insidious, Evil Dead). Hémoglobine, malaise et films « bow » sont de rigueur. À voir entre amis avertis.

 

Reconnaissance des grands producteurs : Gaumont et Pixar

 https://www.youtube.com/watch?v=D4NPQ8mfKU0

Tout Français connaît la Gaumont, cette entreprise de production de films d’auteurs sous Daniel Toscan du Plantier mais surtout reconnue pour son talent à créer de grandes comédies populaires. Gaumont-Pathé créé par Léon Gaumont fête cette année ses 120 ans de quoi prouver que l’industrie française du cinéma fut prépondérante dans la naissance et la consécration du cinéma. Pour nous c’est l’occasion de revoir Louis de Funès et Jean Yanne dans leurs trépidations. De La Grande Vadrouille et Rabbi Jacob de Gérard Oury aux Visiteurs. Pour le Festival 2015 seront projetés La Folie des grandeurs, Nous ne vieillirons pas ensemble ou encore Un soir au Gaumont-Palace (une soirée de films muets). Un cinéma populaire mais surtout des scénarii bien ficelés et des acteurs dans leur pleine mesure. Du grand art et des répliques cultes. On y court ! OKAY ???

L’autre grande société de production invitée est une petite nouvelle qui a pourtant tout d’une grande, à telle point que Disney se l’est offerte pour quelques 8 milliards ! Il s’agit bien sûr de Pixar, la célèbre firme de dessins animés californienne. Ces créateurs ont tout simplement eu l’intelligence de mêler histoire pour enfants et réflexion pour adultes. Résultat : on aime de 7 à 77 ans ! Des cartons à dessins et logiciels 3D sont ainsi sortis la suite à succès des Toy Story, mais aussi Némo, Cars et Les Indestructibles. Autant dire que les enfants vont se précipiter à toutes les séances. Une « spéciale Pixar », le mercredi après-midi est mise en place avec goûter et animation. Le samedi, tous les cinémas partenaires jouent le jeu et présentent des Pixar mais aussi Hugo Cabret de Martin Scorsese sur les débuts du cinéma via la vie romancée de Méliès !

 

Les grands invités d’honneur : Sophia Loren et Alexandre Desplat

 https://www.youtube.com/watch?v=oRb0ccO3LpM

Sophia Loren, symbole de la Dolce Vita et du cinéma italien des années 1950-60 vient exceptionnellement au Festival Lumière pour une soirée entièrement dédiée à sa splendeur et à ses grands rôles. La Ciociara, son film qui la fit consacrer est projeté à l’Auditorium national de Lyon le mardi soir. Récompensée par des Palmes, Oscar et autres prix, son jeu fait de séduction, de rébellion, de rôles comiques et dramatiques crève l’écran !

Alexandre Desplat est le compositeur français contemporain le plus connu au monde. Tous les grands réalisateurs ont fait appel à lui. Ses musiques sonnent notamment dans The Queen, Un Prophète, Twilight, Harry Potter et The Grand Budapest Hotel !

Nicolas Winding Refn est réalisateur danois vivant à Hollywood mais aussi scénariste, producteur et acteur. Un personnage multi-facettes et bourré de talent. Le parti pris du réalisateur pour la violence spectaculaire et la noirceur, sans modération, révèle une volonté de sonder toutes les facettes de l’être humain et d’explorer les sombres recoins de la personnalité. Le thème de la violence lui permet également de développer des recherches narratives et plastiques singulières (temporalité dilatée, ambiance hypnotique, personnages fantomatiques et univers cauchemardesque enchevêtrant lumière stylisée et références à des classiques du cinéma). Pour lui, « L’art est un acte de violence. Je m’intéresse aux extrêmes, un mélange de poésie et de violence » !

Mads Mikkelsen, lui aussi danois et révélé dans la suite des Pusher de Nicolas Winding Refn, explose dans Casino Royale, le néo James Bond qui fit renaître la saga. Depuis, c’est une suite de rôles incroyables dans des films tous aussi adoubés ( Royal Affair, La Chasse…).

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Mads Mikkelsen (photo DR)

Géraldine Chaplin, fille de Charlie, débute à 8 ans dans Les Feux de la rampe réalisé par son père. Malgré ses envie d’être danseuse elle se révèle dans Docteur Jivago de Stanley Kubrick. Ses talents et aptitudes à parler plusieurs langues lui permettent de tourner dans le monde entier dans des films parfois confidentiel. Elle viendra au Festival raconter sa vie dans une masterclass.

 

Les master-class du professeur Tavernier

 

Bertrand Tavernier (photo DR)
Bertrand Tavernier (photo DR)

Bertrand Tavernier n’est pas seulement l’un des organisateurs du Festival et ès-Lyonnais chauvin, il est aussi l’historien le plus passionnant du cinéma français. Il connaît tout sur tout et le raconte avec une simplicité déconcertante. Sa verve et ses petites anecdotes piquantes et humoristiques donnent l’impression d’être au cœur de l’histoire du septième art. Commencée l’année dernière son histoire du cinéma se poursuit cette année. Et en plus c’est gratuit ! Pas besoin de mettre une pièce dans le distributeur, Bertrand Tavernier raconte sa passion pour peanuts. Nouveauté de cette édition, ses commentaires sont soutenus par « sa » sélection de films dont une suite sur Jacqueline Audry, réalisatrice des années cinquante oubliée et enfin remise en valeur.

Les cycles et rétrospectives

Les cycles consacrent une partie de la programmation à des artistes décédés ou à un courant artistique. Ils sont un mix entre acteurs et réalisateurs populaires et génies connus de seulement quelques spécialistes du septième art.

Vous pourrez découvrir l’œuvre de Larissa Chepikto mais aussi Julien Duvivier, Jean Yanne , Akira Kurosawa et une collection de films français des années 1980.

Si Jean Yanne avec ces rôles d’antipathique acariâtre sont célèbres (Les Chinois à Paris, Que la bête meure…), Julien Duvivier et Larissa Chepikto sont moins connus du grand public.

Julien Duvivier est un réalisateur français de la première moitié du XXs. Ses films noir et blanc s’encrent dans un pessimisme et une noirceur relatif à l’état déclinant de la société et de l’économie (crise de 1929, Guerre mondiale…). Pépé le Moko ou Voici le temps des assassins en sont des exemples frappant. Son plus gros succès reste néanmoins une comédie « fernandelienne »: Don Camillo.

Larissa Chepikto fut une étoile filante du cinéma russe. Libre, engagée, féministe elle ne pouvait durer longtemps dans ce pays communiste et dictatorial. Morte dans un accident de voiture, elle ne laisse que peut de traces néanmoins retrouvées par les chercheurs de l’Institut Lumière. Un moment unique pour découvrir un cinéma d’auteur au temps des Soviets !

Akira Kurosawa est le maître incontesté des films d’arts martiaux asiatiques. De lui sont nés les films d’action et de guerre modernes. Sans lui pas de westerns américains et italiens. Pas non plus de Jackie Chan et Bruce Lee. Pas de Full Metal Jacket et d’Apocalypse Now. Encore moins de Quentin Tarantino et Johnny Too ???. Son film le plus marquant est sans conteste Les Sept Samouraïs de 19 ??? en noir et blanc mais avec toutes les techniques de prises de vues, d’effets comiques et de tueries reprises par les maîtres du genre. Il n’y a qu’à voir le pastiche américain que sont Les Sept Mercenaires. Sans compter l’influence donnée à Sergio Leone et aux réalisateurs italiens de westerns spaghetti. On retrouve souvent le bon et l’idiot gaffeur. Le Festival Lumière 2015 se penche spécialement sur les années Toho avec plusieurs inédits : Le plus dignement, Je ne regrette rien de ma jeunesse, Vivre, Sanjuro, La Forteresse cachée… Akira Kurosawa se montre extrêmement critique vis-à-vis de son pays, de la propagande, de la corruption, des règles féodales et politiques, de la violence sourde qui règne dans la société japonaise. Du polar, du thriller, du film d’actions, de la satire, du burlesque le tout dans une beauté plastique incroyable !

Informations :

Village Lumière
Village Lumière

N’hésitez pas non plus à vous rendre au Village du Festival (Institut Lumière, Lyon 8e) avec boutiques, brocante (le week-end), traiteur et bar à bières (à Lyon la gastronomie est partout !) et sa Galerie avec rencontres et performances (rue de l’Arbre-sec, Lyon 2e) ainsi qu’aux nuits endiablées de la Plateforme, péniche transformée en QG mondain et backstage pour amoureux lyonnais du cinéma et acteurs en manque de petites bulles champenoises. Autre moment pétillant, le Mâchon (ce qui signifie manger de la charcuterie et boire du Beaujolais à 7h du mat’ en Lyonnais) avec les responsables du Festival, comédiens et réalisateurs fines bouches et cuisine des chefs lyonnais.

Pour les amoureux de cinéma ne pouvant pas se rendre dans la capitale des Gaules, il est possible de suivre une partie du Festival grâce au site internet et à une web-radio spécialement conçue pour l’événement et animée par les artistes invités, historiens du cinéma, personnalités, extraits et musiques de films. Les conférences, en fin d’après-midi sont par exemples retransmises en direct, ainsi que les nuits spéciales (Ouverture, Remise de prix…).

Martin Scorsese (photo DR)
Martin Scorsese (photo DR)

Site du Festival Lumière : http://www.festival-lumiere.org/

Lieux de projection : Cinémas du Grand Lyon, Institut Lumière, Salle 3000, Auditorium national de Lyon, Théâtre national des Célestins, Halle Tony Garnier. Toutes les salles ici : http://www.festival-lumiere.org/lieux-festival-lumiere/les-lieux-du-festival-lumiere.html

Lieux de rencontres : Village du Festival et marché du film à l’Institut Lumière, Galerie Lumière, La Plateforme, les hôtels de luxe et restaurants de la Métropole et master-class.

Casino de Scorsese
Casino de Scorsese
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