Comment Hollande redresse réellement l’emploi

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François Hollande peut se réjouir (photo AFP)

 François Hollande peut faire le beau, sa prévision de baisse du chômage se réalise. Moins 0,7% en septembre, soit 23800 demandes d’emploi réalisées. La plus forte baisse depuis la crise économique et financière de 2008. Et le tout dans un contexte de croissance nulle ou si faible qu’elle ne permet pas d’embaucher. « Sur l’année (2015), 87000 postes seraient créés, après 48000 destructions en 2014 » selon l’Unédic.

Alors pourquoi cette inversion subite du chômage ? Doit-elle se confirmer comme l’affirme l’Unédic ? François Hollande va-t-il pouvoir jubiler et se représenter en 2017 ?

Le Dandy libéré partage un article satirique du Canard enchaîné sur les réelles raisons de la baisse du chômage (de catégorie A, puisque les autres catégories augmentent, mais chut, il ne faut pas le dire, Flanby, Manu et Michmich pourraient s’énerver !).

Les chiffres de l’emploi en pleine saison de gavage

photo AFP
photo AFP

Les trains qui arrivent à l’heure font enfin l’actualité. Plus exactement, les bons chiffres du chômage à la fin de septembre (23 800 chômeurs de catégorie A en moins sur un mois, soit un record depuis 2007) ont fait un sacré bruit dans les médias. Même les républicains y perdent leur latin. Face à Eric Woerth qui dénonce «  une fausse éclaircie », Hervé Mariton décrète que l’amélioration « n’est pas contestable ».

Les deux ont sans doute raison. Les tableaux chiffrés diffusés hier par le ministère du Travail montrent des résultats encourageants. Les inscriptions à Pôle emploi diminuent sensiblement, notamment celles qui sont dues à des fins de CDD et à des licenciements économiques. Parallèlement, le nombre de chômeurs qui retrouvent un boulot augmente.

Des chiffres aidés

Mais ces bons points ne suffisent pas à expliquer la performance de septembre. La vraie raison se trouve dans les emplois aidés… ceux qui permettent de convaincre les employeurs de tout poil de gonfler leurs effectifs. En mai 2012, quand Sarko a fait ses bagages de l’Elysée, on en comptait 284 000. Un an après, 348 000. Et le gavage continue : le projet de budget pour l’an prochain en prévoit 550 000.

Le baromètre peut donc annoncer une inversion des courbes sans trop risquer de se tromper. Mais le gouvernement socialiste aurait tort de plastronner. Primo, les deux formules d’emploi aidé qui font du chiffre ne doivent rien à la gauche. Elles datent de Villepin puis de Fillon. Quasiment la préhistoire. La formule – évidemment géniale – de contrat de génération du candidat Hollande devenu président n’a, elle, pas connu le succès escompté. Deuzio, le quart seulement des bénéficiaires trouve un job dans le « secteur marchand ». En français, les boîtes privées. Les autres sont casés, majoritairement, dans les associations et l’éducation. Du coup, dès la fermeture des robinets financiers, Pôle emploi devra leur ouvrir ses portes.

Pas grave. Avec beaucoup de chance, d’ici là, Hollande leur devra peut-être d’avoir retrouvé son job.

A.G.

 Le Canard Enchaîné n° 4957 Mercredi 28 octobre 2015

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Il faut rajouter à cela des hausses de catégories B et C de demandeurs d’emplois. En faisant l’équilibre entre les 3, le chômage augmente. Mais, il est préférable à un gouvernement qui mise tout sur la baisse du chômage d’omettre une partie des résultats.

Myriam El-Khomri (photo Libération)
Myriam El-Khomri (photo Libération)

Ce que l’article ne dit pas non plus, c’est que François Hollande et ses analystes comptent bien jouer de la démographie pour troubler la réalité. Les baby-boomers désormais papy-boomers vont libérer de fait des emplois vacants pour les nouvelles générations arrivant sur le marché de l’emploi. (Par contre il n’a pas prévu de renforcer les systèmes de Sécurité sociale, de santé, de retraites, de complémentaires… dommage…). Aussi le coût du travail baisse et les crédits d’impôts ont été créés (le fameux CICE dont on nous rebat les oreilles). Selon Bercy, même les entreprises sont optimistes pour leurs activités et comptent bien embaucher ! Vous avez dit Mme Irma ? Il se peut que la croissance soit assez forte en 2016 pour que certains secteurs recrutent mais il paraît difficile de prévoir une reprise générale. Le taux de marge des entreprises n’est pas assez élevé. La demande n’est pas là. Les charges bien trop élevées et le Code du Travail bien trop complexe pour que les bonnes volontés soit disant probusiness de Hollande, Valls ou Macron soient suivies d’actes réels et significatifs.

Reste aussi à savoir si les personnes sont prêtes à signer un contrat d’embauche avec un salaire en deçà de leurs diplômes, CV et compétences dans un secteur qui n’est pas forcément celui dans lequel elles recherchaient un emploi.

En résumé, le parcours semble encore long pour que les chiffres du chômage se révèlent être lisibles dans la réalité, dans la « vraie vie », de l’électeur désiré par François Hollande…

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