Li Edelkoort. Exposition : Oracles du design


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« Les objets noirs qui composent ce défilé sont les témoins à charge de notre temps.

Pour mieux définir les grandes mouvances actuelles, ces icônes du design nous livrent leurs recettes et nous dévoilent leur âme.

Lidewij Edelkoort
Lidewij Edelkoort

Ils sont porteurs d’un enseignement sémantique qui s’infiltre dans le dialogue entre le design contemporain et son audience. Pour aborder ensemble les nouvelles questions d’ordre existentialiste.

Comment serons-nous connectés, pourquoi restons-nous bébé, quand deviendrons-nous de nouveaux nomades ?

IMG_0587Grâce aux intuitions qu’il véhicule et aux attentes qu’il anticipe, le design peut-être perçu comme un oracle qui nous fait part de notre destin. Il est ultraléger pour mieux voyager, potelé pour nous protéger, mélancolique pour nous rassurer, intimiste pour nous bercer. Il est méditatif pour nous apaiser, figuratif pour nous ravir, absurde pour nous interroger, brut pour nous attacher. Il est virtuel pour, enfin, nous transporter ailleurs. L’intuition de la création est infaillible et capable de se connecter toute seule à notre être. Le design est de bon augure. »

Lidewij Edelkoort

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Le design, Madame Irma fiable

IMG_0503Plutôt que de paraphraser la grande prêtresse néerlandaise du design, je vous livre en intégralité le texte d’introduction de l’exposition Oracles du design curatorée par Lidewij Edelkoort à la Gaité Lyrique de Paris. Son discours fait référence à la première partie de l’exposition composée d’objets noirs signés des plus grands designers, piochés dans l’histoire du design et des collections du Centre Pompidou. Ces « oracles noirs » incarnent le passé mais aussi notre futur. Cette exposition se veut le reflet prospectif de la société future faite de nomadisme, d’objets hybrides et organiques, marquée par un retour à plus de simplicité et d’humilité. Vision futuriste de par ces oracles, ces objets devenus opinions, faisant autorité, détenant le savoir et les réponses d’aujourd’hui aux questions de demain. Un traitement psychologique du design, anticipatif, sensuel et anticonformiste sous formes de 10 sous-parties thématiques : gonflé, mutant, nomade, abstrait, archaïque, naïf, humble, organique, simple et curieux. À voir absolument. Sous peine d’avoir l’impression de vous retrouver chez Cassina ou RBC, n’hésitez pas à lire les feuilles explicatives fournies à chaque partie de l’exposition. Petit aperçu de quelques objets sélectionnés car représentatifs des différentes déclinaisons prospectives de Li Edelkoort.

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Extrait par thématique

  • Gonflé : « Comme pour exprimer notre besoin de sécurité et de protection, les matières se gonflent pour constituer une armure légère de notre époque ».

Jurgen Bey : Chaise Vacuum Cleaner (2004) : chaise faite d’un sac à poussière qui se déploie grâce la saleté récupérée par l’aspirateur. La poussière devient ainsi utile. Bey, designer néerlandais, décline toute une collection, Dust, sur ce thème du gonflable et de la poussière comme matériau.

  • Mutant : « Ces objets en mutation perpétuelle traduisent un monde fait d’abondance, informent les consommateurs des multiples couches d’interprétations, des réseaux de matières, des croisements de lignes ».

Françoise Brument : Vases #44 (2008) : designer français, ex-professeur à l’ESADSE crée des vases modélisés selon la voix. Chaque voix donne un vase unique grâce à l’aide de procédés numériques (3D, sonorisation…).

  • Nomade : « Un esprit camping envahit la vie et donne le sentiment d’être un peu en vacances tous les jours ».

Butagaz : Bouteille de gaz Viseo (2005) : faite de fibre de verre et vinylester, cette bombonne de gaz devient beaucoup plus légère et pratique. De plus, des éléments techniques novateurs améliorent la sécurité, telles ces ouvertures latérales translucides permettant de voir le niveau de gaz restant.

  • Abstrait : « L’objet devient une étude de proportions, une vision de son maître ».

Atelier van Lieshout : Tabouret AVL Bar Stool (2003) : la simplicité et la sobriété mêlées à des couleurs vives qui se réfèrent au mouvement de Stijl.

  • Archaïque : « Face à une société en fin de cycle, aux systèmes de pouvoir obsolètes et à une économie anéantie, certains créateurs cherchent refuge dans le début des temps, en explorant les fouilles archéologiques plutôt que les données contemporaines. Notre peur de l’avenir nous pousse vers des matières primitives, des expressions sauvages, des formes archaïques aux détails inachevés ».

Nacho Carbonell : Assise Evolution Lover’s Chair (2009) : version contemporaine et organique du « confident », fauteuil double, dédié à la conversation, dans laquelle est greffée une sorte de petit abri.

  • Naïf : « L’infantilisme se fait sentir comme courant de fond et invite les designers à un retour à l’enfance afin de ressentir les enjeux ludiques qui motivent ces dernières générations ».

Fernando et Humberto Campana : Fauteuil Banquete (2003) : ce fauteuil est composé de dizaines de peluches de récupération assemblées par ces frères brésiliens, rois du design low-cost, symbolique des pays en voies de développement.

  • Humble : « L’esprit se calme, l’environnement s’éclipse, les objets s’inclinent ».

Alberto Meda : Service Water (2001) : designer et ingénieur italien, son service à eau permet de filtrer et économiser cette dernière, le tout dans des formes simplistes et légères cachant leur ingéniosité par des atours de pureté.

  • Organique : « Les matières sont amalgamées et les objets sont laissés bruts. Elles attirent le toucher et interrogent notre sens esthétique peu habitué aux objets de design ».

François Azambourg : Vases Douglas (2009) : Azambourg équilibriste artiste-designer français produit ses vases dans des moules de pin Douglas, formant des vases plein d’aspérités, de couleurs plus ou moins rougies par la cuisson. Chaque modèle devient unique.

  • Curieux : « Un désir d’hybrider le contemporain avec l’ancien, d’amalgamer un peu d’innovation avec une bonne dose de nostalgie (…) illustre ce courant à la recherche d’une nouvelle forme de romantisme ».

Philippe Starck : Lampe Gun (2005) : reflet des menaces de conflit qui minent notre époque, une Kalashnikov devient lampe de chevet. « Nous avons les symboles que nous méritons », explique le designer.

  • Simple : « Un mouvement vers le dépouillement qui va droit à l’essentiel où se lit notre besoin de faire le vide et de ralentir nos rythmes de consommation ; une piste vers un quotidien plus véritable ».

Stephan Augustin : Glacière Terracooler (2010) : une glacière en terre cuite et liège, cela intrigue malgré sa forme dépouillée. Mais quoi de plus simple que de jouer avec l’évaporation de l’eau coincée entre les couches de terre, isolant thermique naturel, utilisé part bon nombre de nos ancêtres ?

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