Daesh s’enracine en Libye

 

Depuis quelques mois, les combattants de Daesh arrivent en masse dans une Libye devenue incontrôlable depuis la guerre menée par la France provocant la chute de Kadhafi mais aussi de la mince stabilité que le dictateur avait réussie à instaurer entre les différentes régions et ethnies peuplant cet immense territoire nord africain fait de côtes, de champs d’hydrocarbures et du Sahara. Une situation qui commence à inquiéter les militaires français, européens, américains et dirigeants politiques africains et arabes, tunisiens notamment.

 

L’État islamique mise sur le chaos libyen

 

Depuis début 2015, Daesh s’installent dans les grandes villes libyennes par la force des attentats et la soumission passive de populations divisées du fait de l’instabilité politique. Une situation de chaos que l’État islamique (EI) utilise à son profit sans grande perte.

Les attentats se multiplient, le pays se divise en clans entre partisans d’un régime autoritaire successeur de Kadhafi, modérés de l’éphémère Printemps arabe, conservateurs alliés aux pro-EI et une population fuyant toute cette violence. Une ville comme Syrte (70 000 habitants en 2013) a vue 80% de sa population fuir l’arrivée de Daesh et ses diktats islamiques (fermeture des magasins de mode, femmes en voile intégral, interdiction du sport, de la musique, crucifixions, viols…). À Tripoli, la capitale, 9 personnes ont été assassinées le 27 janvier. Al-Qoba a subit une trentaine de mort suite à l’explosion de deux voitures piégées. Les civils se réfugient en masse à la frontière tunisienne pendant que les deux « gouvernements » libyens (conservateurs vs modérés) s’affrontent pour le pouvoir central. Un pouvoir que l’EI compte bien rafler. Les villes aux mains des divers partisans se retrouvent ainsi sous la menace des combattants de Daesh. Derna fut la première à tomber en Octobre 2014 suivit de Benghazi, Nofilia, Mabrouk ou encore Sabha. Syrte tenue par les anciens partisans du général Kadhafi a basculé en quelques mois aux mains de l’État islamique. Misrata, ville pro-révolutionnaires contient tant bien que mal les assauts réguliers de combattants recrutés depuis tout le Moyen-Orient et l’Afrique.

 

Un nouveau front de guerre pour l’Europe

 

Car voilà bien le problème majeur. La Libye devient un centre névralgique pour l’EI. Les djihadistes de divers courants s’allient désormais à Daesh pour l’instauration d’un Califat en Libye puis s’étendant à l’ensemble du Maghreb et en Afrique sub-saharienne. Boko Haram, les touaregs et autres petits groupuscules pas assez puissants se soumettent ainsi à l’EI. Les camps d’entrainement pour la « guerre sainte » (Djihad) se multiplient. Mohammed Dayri, ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Beida (ville à l’Est de la Libye à proximité de Derna) estime que 4000 ou 5000 combattants se trouvent en Libye, près à intervenir dans toute le Nord de l’Afrique mais aussi en Europe. Sebha, ville en plein désert devient ainsi un lieu de rassemblement de forces venant de Syrie, Irak, Mali, Tchad, Nigeria, Algérie, Tunisie… mais aussi de pays occidentaux. Certains fichés « S » français seraient ainsi entrainés en Libye ou déjà revenus sur le territoire hexagonal, près à intervenir. Des Belges, des Italiens, des Britanniques seraient aussi en formation intensive. Une menace extérieure de plus aux frontières de l’Espace Schengen pour les pays d’Europe.

Malte, n’est qu’à 500 km des côtes libyennes. Paris, Londres, Rome à quelques heures de vols. Matteo Renzi, premier ministre italien, s’inquiète et prévient : « Il sera fondamental pour tous de donner la priorité absolue à la Libye qui risque d’être la prochaine urgence ». On est prévenu. Les attentats commis en Tunisie en 2015 au Bardo et à Sousse ne sont que des avertissements en vue de prochaines frappes de grande ampleur. À la suite des attentats du 24 novembre ayant faits 12 morts, la Tunisie a décidée de fermer sa frontière avec la Libye. Rafik Chelly, secrétaire d’État tunisien à la sécurité confirme que des « combattants des groupes terroristes tunisiens se trouvent en Libye ». Les Américains sont les premiers à frapper par des raids aériens mais il va vite falloir que les dirigeants européens s’entendent aux travers d’une coalition puissante afin de détruire Daesh en Syrie mais aussi en Libye ! Les pays arabes et africains se doivent eux aussi de réagir pour ne pas se laisser emporter par la vague islamique. Sinon, ce sont de nouveaux attentats qui menacent la France.

Les fanatiques djihadistes entrainés sur le sol libyen sont près pour la guerre. L’Europe se doit de réagir. Les pays arabes aussi. Car malgré le relatif calme apparent, la menace est bien réelle. La coalition armée de plusieurs pays africains au Mali, montre les limites militaires de ces pays pour lutter contre un ennemi diffus et rapide. L’Europe, la France se doivent d’être en guerre sur tous les fronts. Il est plus que temps d’agir, messieurs les dirigeants européens !

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :