Les Expositions à voir absolument en 2016

 

À nouvelle année, nouvelles expositions. Et qui dit exposition, dit Dandy Libéré ! Voici donc un petit condensé des expositions à venir en ce premier semestre de 2016 ! Divisées en catégories (moderne, photo, étranger…) cette petite short-list non exhaustive passe par Aix-en-Provence, Lyon ou encore Bordeaux et bien sûr Paris… Parce que Paris reste malheureusement la ville la plus dotée de France (en musée et financements, aides… – la décentralisation n’est pas pour tout de suite, malheureusement). Quelques grandes expositions à l’étranger sont aussi au programme.

 

Bonne année et bonnes visites !

 

ART ANCIEN

 

« Bacchanales modernes ! Le nu, l’ivresse et la danse dans l’art français du XIXe siècle »

(Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts – 12 Février – 23 Mai)

Le sexe et le trash sont à la mode en ce moment pour parler du XIXe siècle (il n’y a qu’à voir la programmation du musée d’Orsay entre prostitution et Sade…). Mais à Bordeaux, on y ajoute – tradition vinicole aidant – les joies de l’ivresse et de ces scènes d’orgie. Les Bacchanales, ces fêtes ancestrales vénérées des Grecs comme des Romains où sexualité débridée se conjuguait avec célébrations somptueuses données en l’honneur du dieu Bacchus furent un sujet de prédilection des peintres romantiques mais pas que. Toute la peinture du XIXs est imprégnée de ces représentations scandaleuses pour lesquelles les riches bourgeois investissaient de fortes sommes afin de se rincer l’œil.

 

« Turner »

(Aix-en-Provence, Centre d’art Caumont – 4 Mai – 18 Septembre)

On connaît tous le Turner londonien, proposant cet impressionnisme anglais répondant en nappes brumeuses aux fumées vaporeuses d’un Monet français. Ses marines de la Tate Britain traversent donc la Manche pour celle qui s’annonce être l’exposition de l’été à voir entre deux baignades dans les eaux bleues azuréennes de la Méditerranée.

 

« Autoportraits – De Rembrandt au selfie »

(Lyon, Musée des Beaux-Arts – 26 Mars – 26 Juin)

De la Renaissance au XXIs, une histoire de l’autoportrait en art en 5 thématiques. Que relève cette volonté de s’autoreprésenter ? De la recherche stylistique d’un Rembrandt – se représentant tout au long de sa vie afin d’étudier le modelé du visage vieillissant, de la lumière sur les rides, du durcissement du caractère à travers l’expression faciale – à la vision mégalomane actuelle, valeur de marque, d’identification dans un monde appauvri, en quête de repères, cette exposition majeure retrace une histoire de l’art personnelle, individuelle, en recherche perpétuelle d’affirmation.

 

« Carambolages »

(Paris, Grand Palais – 2 Mars – 4 Juillet)

Dans une veine parallèle, non chronologique mais mixage d’influences, de cultures, Jean-Hubert Martin interroge l’impact produit entre les œuvres. Des œuvres qui se font échos et forment alors une nouvelle Histoire de l’art. Des carambolages provoqués, par exemple, par la rencontre d’Annette Messager et l’Égypte antique. Ces confrontations redéfinissent les valeurs de l’histoire, non plus comme suite chronologique et répartitions géographiques spécifiques mais comme dialogue, réflexion culturelle ou chocs.

 

 

ART MODERNE

 

« Le Douanier Rousseau – L’innocence archaïque »

(Paris, Musée d’Orsay – 22 Mars – 17 Juillet)

Le premier artiste indépendant (avec Cézanne) de toute mode, de tout courant, grâce, sans doute, à son côté amateur est enfin célébré par le musée d’Orsay. L’occasion de plonger dans l’imaginaire de ce policier marginal entre singes, tigres et forêts luxuriantes qui inspirèrent Picasso, Kalho, Dix et une bonne partie de l’art outsider. Le premier des affranchis.

 

« Albert Marquet »

(Paris, Musée d’Art Moderne – 25 Mars – 21 Août)

Chef de file avec Henri Matisse du mouvement Fauve du début XXe siècle, Albert Marquet se fait plus sage et traditionnaliste que son ainé. Indépendant, aimant les paysages et marines, il est malheureusement un peu effacé par la prépondérance de Matisse mais ses toiles valent bien cette exposition d’envergure.

 

« Paula Modersohn-Becker – L’intensité d’un regard »

(Paris, Musée d’Art Moderne – 8 Avril – 21 Août)

En plus de l’exposition du fauve Alfred Marquet, le MnAM nous invite à redécouvrir une artiste inconnue du grand public et injustement oubliée des critiques d’art : Paula Modersohn-Becker. Cette Allemande morte trop jeune (1876 – 1907) de la suite d’un accouchement est tout de même un phénomène à découvrir de toute urgence ! Dans un expressionnisme naissant, Paula Modersohn-Becker y intègre une douceur féminine et un primitivisme particulier.

 

« Modigliani – L’œil intérieur »

(Villeneuve-d’Ascq, LaM – 27 Février – 5 Juin)

La star iconoclaste et inclassable Amadeo Modigliani s’installe au splendide musée lillois dans une approche nouvelle de son travail. Ici, ses toiles dialoguent avec les références revendiquées. La riche collection Modigliani du LaM donne ainsi écho à des œuvres égyptiennes ou kmers. P.S : N’hésitez pas à faire un tour par la collection d’art brut du musée qui est aussi riche que magnifique !

 

 

ART CONTEMPORAIN

 

« Jean-Michel Alberola »

(Paris, Palais de Tokyo – 19 Février – 16 Mai)

Le Palais de Tokyo, véritable centre névralgique du petit monde de la culture contemporaine française, propose aussi des rétrospectives d’artistes ayant marqué leur temps et encore influents de nos jours. C’est le cas de Jean-Michel Alberola, pied-noir, installé en Métropole depuis 1962 et pionnier de la Figuration Libre, menant une réflexion anticonformiste. Entre références affirmées à l’Histoire de l’art, aux mythologies et à l’anthropologie son travail incessant sur ses toiles et dessins conduit à ce quelles ne soient jamais réellement terminées. Entre subjection, métaphore, abstraction et figuration déformée, retraduite, redéfinie, cela méritait bien les honneurs du Palais de Tokyo !

 

« Gérard Fromanger »

(Paris, Centre Pompidou – 17 Février – 16 Mai)

Autre grand nom de la peinture française, exposée cette fois-çi à Beaubourg, Gérard Fromanger, joue avec le spectateur. Entre affiches, photographies, collages et peinture, ses silhouettes monochromes semblent occupées à leurs tâches. Ce fidèle de la Figuration narrative propose une dualité entre les couleurs chaudes des personnages et les décors, ses fonds de couleurs froides.

 

« Cristina Iglesias »

(Grenoble, Musée d’Art – 23 Avril – 31 Juillet)

Prenez le temps de vous rendre, entre deux sessions sur les pistes toujours pas enneigées, à l’exposition hommage à Georgia O’Keeffe, peintre abstraite américaine et star (sauf en France) rendue par le superbe musée dauphinois, elle vaut absolument le détour (jusqu’au 7 Février). Après, il sera temps de découvrir une autre femme, espagnole cette fois, elle aussi inconnue dans l’Hexagone : Cristina Iglesias. Sculptrice touchant à tous les matériaux, elle donne naissance à des œuvres imposantes parfois même des installations. À découvrir !

 

« Huang Yong Ping – Monumenta 2016 »

(Paris, Grand Palais – 8 Mai – 28 Juin)

S’il y a bien un lieu qu’il est difficile de remplir et où s’y faire une place, c’est bien l’immense espace sous coupole et verrières du Grand Palais. Dans le cadre (finalement maintenu) de Monumenta à charge donc pour Huang Yong Ping de réaliser une immense installation. Cet artiste franco-chinois, célébré il y a quelques mois par une très belle exposition au Musée d’Art Contemporain de Lyon, proposera selon les rumeurs 8 pièces immersives. Il est un véritable touche-à-tout, magnant l’encre de chine dans de délicats dessins comme le scalpel afin de déshabiller un éléphant ou retirer les boyaux d’un Bouddha mangés par des vautours, introduisant des aspects asiatiques à une pratique plus occidentale, plaçant un serpent de mer de 120 mètres dans l’estuaire ligérien ou empaquetant des statues du musée Guimet pour les placer dans un musée d’art actuel… Fera-t-il mieux que l’immense organe de Kapoor  resté dans toutes les mémoires des visiteurs de la Monumenta?

 

« Bruno Peinado »

(Sérignan, Musée régional d’Art contemporain – dates non communiquées)

Le nouveau Mrac agrandi pendant l’hiver se repoudre le nez avec une exposition de Bruno Peinado. Cet artiste français qui oscille entre pop et critique du capitalisme grâce à des œuvres aux iconographies familières du fait de son goût prononcé pour la récupération de logos, slogans… Un travail de « sampling », de mixage des cultures et références tel son célèbre Bibendum Michelin détourné, devenu noir avec sa coupe afro et son poing révolté de Black Panters, du consumérisme publiciste à la révolte raciale.

 

« Miquel Barcelo – Sol y sombra »

(Paris, Musée Picasso – 22 Mars – 31 Juillet)

Le Musée Picasso invite un autre espagnol à dialoguer avec le maître à peindre du XXe siècle. Miquel Barcelo travaille la terre, le plâtre, la céramique dans des œuvres étranges entre masques, animaux imaginaires et personnages difformes. Il a notamment investi il y a quelques années le Palais des Papes en Avignon avec des raies en céramiques flasques et d’improbables éléphants en équilibre sur leurs trompes. Chamanique, mythologique, tout du moins étrange son travail sera aussi présenté à la BnF.

 

« Annette Messager » Voir article détaillé : https://ledandylibere.wordpress.com/2015/12/04/les-dentelles-de-calais-dannette-messager/

 

PHOTOGRAPHIE – DESIGN

 

« La Boîte de Pandore – Une autre photographie par Jan Dibbets »

(Paris, Musée d’Art moderne – 25 Mars – 10 Juillet)

L’artiste conceptuel néerlandais s’est attaché à la photographie pour en explorer les limites. Arrivé à son paroxysme il livre des images anticonformistes, entre une photographie léchée, presque surréaliste et une imagerie scientifique. Une œuvre totale à voir en plus des expositions du MnAM décrites précédemment.

 

« Seydou Keïta »

(Paris, Grand Palais – 30 Mars – 24 Juillet)

Cet immense photographe malien est enfin célébré en France. Roi du shootage de rue dans les rues africaines dès les années 1950, il est le grand-père de toute la nouvelle génération de photographes de rues étant à la recherche du look à prendre en photo pour l’éternité (tels que The Sartorialist ou the Face Hunter de nos jours). Ses personnages aux looks improbables ou très classiques, influencés par les costumes locaux et l’arrivée de la culture occidentale (rock américain, bars chics avec cocktails…) donnent un aperçu de l’Afrique depuis un demi-siècle. C’est aussi un pro de la photo en studio. À coup sûr, le plus grand portraitiste africain de son temps.

 

« Ceramix »

(Paris, La Maison Rouge – 9 Mars – 12 Juin)

La Maison d’Antoine de Galbert réinvente avec l’aide de la Cité de la Céramique de Sèvres et le Bonnefanten Museum de Maastricht la céramique décorative, le biscuit et l’émail de luxe. Un dialogue entre techniques ancestrales et artistes ou designers actuels qui va détonner et rendre votre mémé jalouse.

 

« Pierre Paulin »

(Paris, Centre Pompidou – 11 Mai – 22 Août)

Enfin une grande exposition sur un designer français ! Car il faut bien le reconnaître, le design, mobilier et d’objets notamment, est l’enfant mal-aimé des musées français. Les musées d’arts décoratifs et d’art et d’industrie n’ont que peu de moyens. Alors remercions le Centre Pompidou de relancer la machine. Car la France n’est pas en reste niveau design. À la pointe de la modernité, Pierre Paulin est un des maîtres à penser des générations actuelles. Celui qui devient célèbre grâce à la décoration pour le moins pop sinon psychédélique de l’Élysée sous Georges Pompidou, se retrouve donc encore associé au nom du Président érudit. Les seventies sont donc à l’honneur avec ses fauteuils aux formes organiques en mousse rouge ou orange criard. Mais la famille Paulin, légataire, présente aussi d’autres parties de son travail moins connu mais tout aussi novateur.

 

 

DE PART LE MONDE

 

Pour les globe-trotters, voici une petite sélection d’exposition à ne pas manquer. Alors cassez la tirelire, sinon attendez les articles du Dandy Libéré. Embarquement immédiat.

 

« Jérôme Bosh – Visions d’un génie »

(Pays-Bas, Bois-le-Duc, Noordbrabants Museum – 13 Février – 8 Mai)

Le maître flamand est mort il y a 500 ans, l’occasion pour sa ville de naissance de lui rendre un vibrant et exceptionnel hommage à ne pas rater ! Sur les 25 tableaux reconnus de la main de Bosh 20 sont ici réunis, mais pas le Jardin des délices. Dommage (on se consolera avec le nouvel ouvrage de Reindert L. Falkenburg). Venus des quatre coins de la planète (Louvre, Prado…), les tableaux représentent ces fameuses scènes entre pudeur religieuse et grotesques paillardises, entre orgies et cauchemars. Cette exposition devrait être visible dans l’automne au Prado.

 

« Theo Van Doesburg – Une nouvelle expression de la vie, de l’art et de la technologie »

(Belgique, Bruxelles, Bozar – 26 Février – 29 Mai)

Si la France a du mal à célébrer les designers, la Belgique leur fait honneur (notamment au Grand Hornu). Theo Van Doesburg fut artiste, architecte, designer mais aussi théoricien. Fondateur avec entre autre Mondrian du mouvement de Stijl, ce néerlandais est un des précurseurs de la pensée moderniste, du fonctionnalisme et de l’abstraction.

 

« Jean Dubuffet – Métamorphoses du paysage »

(Suisse, Bâle, Fondation Beyeler – 31 Janvier – 8 Mai)

La plus belle et glorieuse fondation de la planète expose le créateur de l’Art Brut, cet art des fous que Jean Dubuffet a théorisé et essayé de copier. On aime ou non cette démarche de réappropriation de « l’art dégénéré », pâle copie de ce que peuvent créer les malades mentaux, mais on ne peut lui enlever le fait d’avoir révéler au monde l’importance de ces dessins et de la place de l’art pour les handicapés. À Bâle, nous aurons droit à une véritable rétrospective d’envergure entre dessins, peintures, sculptures, écrits et même une installation. Dans la ville suisse, se déroule aussi « Sculpture on the move (1946_2006) » au Kunstmuseum (19 Avril – 19 Septembre).

 

« Alexander Calder – Performing Sculpture »

(Angleterre, Londres, Tate Modern – Jusqu’au 3 Avril)

Calder, son cirque, ses mobiles… et les courants qu’il a engendrés. Car sous des airs sympathiques et enfantins, ses œuvres ont flirté avec l’installation in situ aujourd’hui prisée, le trait léger du fil de fer comme écriture, la musique contemporaine (Varèse, Martha Graham…), l’art cinétique…

 

« Making Africa »

(Espagne, Bilbao, Guggenheim Museum – Jusqu’au 21 Février)

L’Afrique est le continent à la mode. Pas une foire sans quelques artistes contemporains maliens ou nigérians. Pas une vente aux enchères sans un Pascal Martine-Tayou ou Seydou Keïta. Pas un pays n’échappe à « l’Africamania ». Le Guggenheim de Bilbao rassemble très éclectiquement des œuvres de différents pays mais aussi du design et de la mode. Car ici, la commissaire, Amélie Klein, n’est autre que la conservatrice du Vitra Design Museum (à Weil-am-Rhein, en Allemagne, à deux petits pas de Bâle). Ses envies la conduisent à montrer des créations de toutes origines, reflétant d’un côté la débrouillardise des designers africains, rois du recyclage, de la seconde main et seconde vie, et d’un autre côté la vitalité économique de ces pays avec les nouvelles technologies mais aussi l’influence digérée de l’occidentalisme. La photo et la mode ont aussi leur place dans ce grand déballage pas toujours très ordonné de la création africaine. Mais au moins on peut se faire une idée de ce qu’est l’Afrique actuelle : moderne, débrouillarde, fan de numérique, ne reniant jamais les influences ancestrales, toujours créative.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :