La gestion culturelle selon Hollande

 

En Hollandie comme au temps des monarques, le moi chef donne à ses bons amis un joli petit maroquin à la rémunération coquette et aux nombreux avantages cachés sans que ces derniers ne soient en réalité compatibles avec la fonction et capables de maintenir la culture à un haut niveau.

Mais quand il s’agit de nommer les directeurs présidents d’institutions nationales réputées, les compétences importent moins que l’amitié bien choisie. François Hollande ne déroge pas à la règle du recasage d’amis fidèles ou dont il faut faire taire les critiques au moyen d’une nomination gratifiante. Surtout en cette fin de règne, les bons postes semblent devenir des cadeaux de remerciements de bons et loyaux services. Services n’ont pas rendu au niveau de la culture mais bien en qualité de sous fifres soumis à la bonne volonté de Moi Président. Les prétendants sont aux affûts du moindre poste. On retrouve souvent les mêmes trimbaler leurs valises d’une institution à l’autre, en fonction du bon vouloir du souverain.

À ce jeu de chaises musicales, Hollande est un véritable chef d’orchestre, stratège, manipulateur et habile menteur. En quelques minutes, il peut faire croire à un candidat que sa nomination ne fait aucun doute, avant de changer d’avis une heure avant l’annonce officielle. Ces fauteuils, sortes de parachutes dorés, de ponts d’or gratifiants, ne reviendront donc pas forcément à des spécialistes du monde culturel, à des personnalités compétentes. Le tout est une mise en scène comme l’aime François Hollande.

 

Une dizaine de poste à offrir avant son départ.

 

À commencer par la Réunion des Musées nationaux – Grand Palais (RMN) en passant par la BnF, le musée d’Orsay ou encore le Théâtre de Chaillot pour finir à Versailles… Tant pis pour les injustices, les projets et dossiers ; bonjour les critères subjectifs et les inadéquations de profil. Après la Villa Médicis offerte à Muriel Mayette, plus proche de Manuel Valls que des arts plastiques et musicaux (elle est spécialiste du théâtre, seul domaine non représenté à Rome), l’éviction de l’excellent Alain Seban (trop de droite ?) du Centre Pompidou, la cacophonie pour la direction des Beaux-Arts de Paris, les révélations de notes de taxis d’Agnès Saal, voici donc la Réunion des Musées nationaux qui attend son nouveau patron. Alors qui pour le poste ? Alain Seban qu’il faut recaser ? Olivier Poivre d’Arvor ? Christophe Girard ? Un ami de Julie Gayet ou Manuel Valls ? Une des seules femmes de la shortlist, ancienne directrice du Cabinet de Hollande, Sylvie Hubac, devrait remporter le pactole. À moins que… Avec Hollande on ne sait jamais… Mais Hubac étant de la promotion Voltaire, son amitié formée dès ces années là devrait lui donner son heure de gloire. Sa nomination ne serait d’ailleurs pas la pire tant Sylvie Hubac est une femme reconnue du milieu culturel. Seule certitude, Jean-Paul Cluzel, l’actuel président de la RMN ne sera pas candidat, ayant annoncé sa retraite. Ses amitiés avec Jacques Chirac et Alain Juppé l’auraient de toute façon desservi.

 

Laurence Engel pourrait obtenir la Bibliothèque nationale de France. Ex directrice du Cabinet d’Aurélie Filippetti et proche de Delanoë, elle est aussi et surtout la femme d’Aquilino Morelle, le proche de François Hollande, l’ami de 30 ans évincé officiellement pour des chaussures trop luxueuses en quelques minutes. Il menace aujourd’hui de révélations croustillantes et d’affaires gênantes sur la gouvernance de son ex patron ami. Menace réelle (livre à paraître) qui fait de Laurence Engel une actrice majeure de ce mercato pseudo culturel. L’actuel PDG, Bruno Racine, va devoir batailler pour avoir un autre poste.

 

Autre poste à enjeu, la direction du Château de Versailles. Catherine Pégard, proche de Nicolas Sarkozy et ex patronne du Point, semble en grand danger. Là aussi une surprise nous attend surement à la sortie. À la Philarmonie, Laurent Bayle est face à une limite d’âge qui le pousse vers la sortie. Mais la pression de ses amis pourrait lui donner une autorisation de prolongation grâce au bon vouloir de François Hollande. Pour le Musée d’Orsay, Guy Cogeval, son président malade, se verrait tout de même poursuivre l’aventure grâce à un bilan qui prône une reconduction. Laurent Lebon, actuel président du Musée Picasso pourrait être transféré dans une des institutions. Christian Schiaretti (TNP Villeurbanne – Grand Lyon), Christophe Ghristi, Catherine Grenier ou Stéphane Braunschweig (Odéon) piaffent pour un nouveau poste.

 

Enfin, Éric de Chassey qui dirigeait il y a encore un an la Villa Médicis mais qui a échoué aux présidences du Centre Pompidou et des Beaux-Arts de Paris (après les scandales dus à son amitié avec Julie Gayet), recassé momentanément à l’ENS Lyon est dans l’impasse. Le Théâtre de la Colline, poste moins exposé pourrait lui échoir.

 

2016 semble donc une année de fin de règne durant laquelle François Hollande va tout faire pour offrir le maximum de responsabilités à ses amis tout en faisant taire les critiques par des nominations stratégiques et prestigieuses que personne ne peut refuser.

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