Thibault de Montbrial : L’islamisme est un ennemi de l’intérieur

 

Président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure et auteur du livre Le Sursaut ou le Chaos (Plon), Thibault de Montbrial livre les erreurs commises par l’Europe et la France face à un ennemi qui nous déteste mais que l’on a laissé se développer par manque de courage ou excès d’orgueil (cela marche dans les deux sens), par idéologie (le fameux « vivre-ensemble » cher à la gauche intellectuelle et politique bien-pensante) et par aveuglement stupide. Le constat d’échec est cuisant pour nos démocraties. Mais le sursaut est encore possible. Il est surtout indispensable. Car il y a un nombre considérable de Molenbeek en sommeil. Un nombre considérable de réserves d’hommes issus de nos propres pays près à servir la cause absurde du djihad. Un nombre considérable de failles dans nos services. Et un nombre considérable de points de vue idéologiques à revoir.

 

Analyse en quelques points de la situation critique européenne par ce spécialiste de la Sécurité intérieure de la France.

 

Nous avons sous-estimé l’arrivée de l’extrême violence par « lâcheté, par électoralisme, à droite comme à gauche, on a laissé s’installer des foyers de musulmans radicalisés, qui ne respectaient aucun des principes de la République et qui bafouaient ses valeurs », déclare-t-il au Figaro Magazine.

 

« Nous nous sommes laissés paralyser par le vivre-ensemble ! Nous avons abandonné le terrain intellectuel.»

 

  • le manque de courage des politiques est donc mis en avant par Thibault de Montbrial. 30 ans de laxisme et de laisser-faire pour obtenir « la paix sociale » afin de ne pas avoir d’émeutes. Les millions lâchés dans la construction de stades a été une erreur. Il ne fallait pas oublier ces quartiers. La peur et l’autisme de politiciens voulant le bien-être commun s’effondrent devant la réalité des faits. Seul le député Malek Boutih a tenté vainement d’alerter les consciences de ses collègues parlementaires et élus… En vain.
  • Second point : On a laissé la haine de la société occidentale se développer. Les nombreux départs pour le djihad en Syrie dès 2012 aurait du mettre la puce à l’oreille aux services de sécurité et des politiques. Mais là encore, rien n’a été fait. « Nous aurions dû dès cette époque nous montrer intraitables sur la montée en puissance des salafistes et leur discours de haine. » La dénonciation de ces actes ne s’est pas faite là encore.
  • Le « vivre-ensemble » et le refus de l’islamophobie ont été deux autres points noirs des idéologues bien-pensants et politiciens frileux et aveugles. Il faut absolument prendre conscience du danger qui est face à nous.

 

« Notre problème est d’avoir cru à la paix éternelle et d’avoir bâti l’Europe sur cette croyance, en la construisant comme un grand marché mais en oubliant de l’armer et de la protéger. Et maintenant, nous sommes sidérés d’être attaqués, incapables de comprendre que l’on puisse nous détester, désarmés mentalement. »

 

  • Le désarmement sans précédent de la police et des armées pour des raisons budgétaires fut le gros problème. Sans moyens de lutte et des baisses d’effectifs énormes, on comprend mieux que les menaces aient pu gonfler sans problème.
  • Pour Thibault de Montbrial la suppression du service militaire a détruit le sentiment de défense nationale et les liens de partage et de reconnaissance envers l’armée. La citoyenneté et l’intérêt pour la France ont été cassés à ce moment-là.
  • Autre problème : la gestion diplomatique catastrophique. Les relations internationales françaises furent un fiasco. La guerre en Libye en étant le point d’orgue et le plus inquiétant.
  • L’état d’urgence et les mesures de sécurité auraient dû être prises dès les attentats de Janvier contre Charlie Hebdo et l’Hyper casher. Et surtout effectives dès leurs déclarations. Pourquoi avoir attendu Janvier 2016 pour appliquer les mesures prises juste après le 13 novembre ? Il faut revoir la répartition des tâches entre la police et les armées. Les services doivent se regrouper et surtout mutualiser leurs efforts et informations. Sans cela, c’est la catastrophe assurée.

 

« La pierre angulaire, le grand enjeu, c’est cela : nous devons comprendre que nous ne sommes pas attaqués par des terroristes mais par des islamistes, généralement Européens, et en particulier Français. »

 

  • Il faut donc enfin se mettre dans la tête que le danger vient de l’intérieur, de nos propres concitoyens. « Environ dix mille Français classés « très dangereux », entourés de dizaines de milliers de sympathisants » sont donc sur le sol français, souvent nés en France, normalement éduqués par l’école laïque et républicaine française sur les fondements démocratiques de l’Éducation nationale. Ces milliers d’islamistes se retournent donc véritablement contre les valeurs de notre pays. C’est à un véritable rejet de la culture et de l’Histoire de France auquel nous sommes confrontés.
  • Il faut accepter de vivre avec l’état d’urgence permanent. Il faut renforcer la surveillance des lieux publics et sites Seveso. Ces derniers pourraient ainsi être défendus par des « gardes armés, agréés par l’État mais payés par les sociétés privées qui possèdent ces sites ». Ces gardes recrutés dans les retraités de l’armée ou de la police ne coûteraient rien à l’État qui en maintiendrait tout de même leur contrôle et leur rôle.
  • Améliorer les coordinations entre les services des différents États européens est aussi une priorité absolue. Les islamistes se déplaçant allégrement de pays en pays, les échanges d’informations via des bases de données et dossiers mutualisés relèvent de la logique de base qui a malheureusement du mal à se créer. Les agents secrets voulant sauvegarder leurs prés carrés coûte que coûte et les députés européens (socialistes et frontistes français en particulier) de pseudo libertés individuelles (sur le fameux registre des vols aériens PNR par exemple) donnent le mauvais exemple du manque de lucidité et de coopération pourtant essentiels si l’on veut lutter efficacement contre l’islamisme radical en France et en Europe. Sans ces mises en place, le salut du continent européen tombera. Sursauter dans un élan commun ou sombrer dans le chaos, telle est la question ?

 

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