Darwin Project – Bordeaux : Le bon cru de la génération Y ou comment repenser le monde

 

Comment décrire efficacement et rapidement la fourmilière qu’est le concept Darwin de Bordeaux ? Impossible pour moi en tout cas ! Ca grouille, ça bosse dur, ça mange sain, ça rigole bien… D’anciennes casernes militaires à l’abandon à proximité de la Garonne paraissent être un immense squat d’où surgissent des hipsters sur leurs fixies ou BMX et des poules qui picorent les restes de repas. Un restaurant, une épicerie bio, un lieu d’expo, un jardin potager, un skatepark et une vraie ruche de micro-entreprises et startups regroupées dans un espace unique de coworking. Darwin est cette ambiance unique qui plaît tant à notre génération Y. Un melting-pot exceptionnel dans une ville magnifique pourtant très bourgeoise, éloignée de l’exubérance parisienne mais iodée à l’air cool des surfeurs-entrepreneurs basques.

 

 

 

 

Un espace de vie alternatif

 

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(photo DR)

Situé sur la friche d’une ancienne caserne militaire (Niel de son petit nom) à l’abandon à proximité du fleuve Garonne, Darwin est un projet créé au mitan des années 2000 de l’ambition de deux amis quarantenaires en manque d’adrénaline : Philippe Barre et Jean-Marc Gancille. Les débuts ne sont pas simples. Les financeurs potentiels se font rares. Les deux comparses sont obligés de craquer leur propre magot. Mais en 2010, la mairie de Bordeaux ,sous l’impulsion d’Alain Juppé, leur cède pour 1,5 million d’euros la caserne Niel alors désertée et en ruine. 20 millions après (à 90% d’origine privée), la caserne rénovée accueillait en 2012 ses premiers résidents et visiteurs. À l’intérieur : une pépinière pour développer et mutualiser les nouvelles entreprises, un coin pour le skate, un autre pour un immense resto entièrement biologique et local avec une partie épicerie (le Magasin Général), des associations, des expositions… Un lieu de vie multimodal concentré autour d’un objectif de réduction des dépenses énergétiques et d’un bien-être collectif. Aujourd’hui, se sont greffés Emmaüs, un jardin avec poules et plantes aromatiques, une « Conciergerie solidaire », un pôle aquatique ou encore un festival culturel et militant pro-écologie. Un lieu alternatif branché sur une onde de bien-être communicatif. On se sent bien chez Darwin.

 

 

Un espace de travail collaboratif

 

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(photo DR)

Dès que l’on entre dans les hangars, on s’aperçoit vite que l’état d’esprit est bien moins hippie qu’ à priori et que les jeunes sont de véritables entrepreneurs d’un genre nouveau. Entre boboïtude devenue mainstream et esprit beatnik des années 1970, Darwin ne choisit pas. Bien au contraire. Darwin se veut être un mélange de plusieurs influences. Entre pensée écologiste et développement capitaliste. Entre partage de savoirs et évènements festifs. Entre culture et finance.

Dans cette veine, une bonne partie des bâtiments est vouée au développement de petites entreprises locales et startups girondines. On retrouve un créateur de chaussures en matières biologiques, des designers et des ingénieurs autour de leur imprimante 3D ou encore un vigneron 2.0 qui embouche les bons crus du coin dans des cubis lookés par les voisins de canapé, graphistes pépères. 180 entreprises se partagent l’immense hangar sur le mode d’un loyer et de règles d’éco-responsabilité simples. L’auto-responsabilisation est de mise. Mais l’entraide est encore plus importante. Tous se retrouvent autour d’un café, les idées fusent d’un bureau à l’autre. Les imprimantes sont en réseaux, les Macs tournent de main en main. L’horizontalité est primordiale. Pas la peine de vouloir jouer le chef, personne ne vous écoutera.  Une ambiance rêvée de tout jeune ! Tout est pensé pour être le plus zen possible afin de se donner corps et âme dans son travail, avant de se retrouver au Magasin général ou sur les quais en soirée.

 

 

Un modèle à pérenniser et exporter

 

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Bordeaux (photo DR)

La volonté des deux créateurs du concept est de développer encore et toujours Darwin Bordeaux. Mais le succès est encore fragile. Les développeurs de startups ne sont pas encore des business angels, le restaurant-boutique n’est pas encore rentable, les extensions traînent. Les investisseurs ne veulent pas travailler directement avec Darwin mais sont prêts à tout pour s’annexer à la caserne. Les anciens arsenaux doivent être réhabilités, la ferme n’est même plus évoquée. Un hôtel d’un nouveau genre et le Bivouac (sorte de salle de gym zen et spa  associative) sont en projet. Mais face à ces idées révolutionnaires, l’administration française montre ses limites à la nouveauté et à la réforme. La crèche fût ainsi refusée par l’État français…

Les évènements et concerts sont appréciés de tous mais les rentrées sont faibles. Le colloque-forum-festival écolo inauguré en fanfare par notre Ministre de l’Environnement, Ségolène Royal fût un réel succès public mais l’ardoise en fût salée. Darwin, pour survivre est désormais géré par un consortium de personnalités diverses. Une rumeur évoque la possibilité d’une annexe en Pays basque. Paris, Nantes ou Lyon essayent de copier ce modèle encore trop rare.

En attendant des jours encore meilleurs, espérons que l’esprit bohème-entreprenarial reste le même. Avec une côte toujours grandissante, Bordeaux compte bien sur Darwin pour se faire connaître. Les jeunes arrivent en masse. Les cadres aussi. Et d’Alain Juppé, si celui–ci est élu Président en 2017 d’en faire un exemple pour toutes les villes françaises !

 

Antoine Chevasson

 

 

 

 

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