Israël : champion du biomédical

 

Si tout le monde connaît les multinationales Sanofi, Roche ou Bayer, les Français, Allemands ou Américains ne sont pas seuls dans le domaine de la biologie et des sciences médicales. Israël est un des principaux pays en recherche et développement (R&D) mais aussi en terme de production de médicaments ou technologies et instrumentations paramédicales.

 

Une véritable bio-valley en expansion !

 

Environ 1400 sociétés forment la filière israélienne des sciences de la vie. Le biomédical représente quasiment 50% de la recherche civile. Les liens entre entreprises privées et secteurs de la recherche d’État sont ténus grâce à la création d’incubateurs technologiques, des aides publiques et un nombre important de transferts de technologies et d’innovations. « En 2014, le secteur a pu lever un montant record de 2 Mds $ en faisant appel au marché ou au capital-risque » relève Nathalie Hamou (d’après le centre de recherche IVC). Les fusions-acquisitions via des OPA parfois agressives sur des entreprises étrangères d’envergure (à hauteur de 2,9 Mds $ entre 2014 et 2015) renforcent la position de mastodonte d’Israël. Les leaders étrangers, tels Philips ou Samsung viennent même fonder leurs propres  centres de R&D dans la biovalley et Tel-Aviv !

Les entreprises du secteur médical israélien bénéficient aussi de nombreuses réductions d’impôts qui leurs permettent de mieux résister que leurs concurrents européens par exemple. En retour, une exigence de réussite est néanmoins exigée. Tout comme le fait de créer et pérenniser de l’emploi en terre sainte.

 

Teva, leader des génériques

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Le meilleur exemple de cette réussite est sans doute Teva, un laboratoire créé en 1901 à Jérusalem et qui fit fortune avec le Copaxone, médicament réputé pour lutter contre la sclérose en plaques, avant de se tourner avec succès dans le business naissant des génériques. Dans les années 2000-2010, Teva devint le leader de ce secteur grâce à l’acquisition incessante de ses concurrents producteurs de génériques. Barr en 2008, Ratiopharm en 2010, Nuphte A. en 2014 ou encore Gecko H. et Auspex P. en 2015 furent certaines de ses proies. Au total, pas moins de 15 fabricants ou laboratoires sont tombés dans l’escarcelle du champion israélien. Une position néanmoins fragile du fait des sommes empruntées pour de tels rachats. Sommes qu’il faut rembourser au plus vite par le succès de nouveaux médicaments ; tout en comptant sur le renforcement progressif des concurrents européens et américains. Un leadership qui est parfois difficile à maintenir. En 2012-2013, Teva a du supprimer 10% de ses effectifs pour répondre aux doutes de ses créanciers. Il a fallu aussi gérer le problème du Copaxone, tombé dans le domaine public. La mort de son CEO en 2011 n’arrangeant pas les affaires, c’est Erez Vigodman qui est aujourd’hui aux commandes de Teva ; et il compte bien propulser l’entreprise israélienne sur le marché des médicaments brevetés. Teva soigne déjà 2 milliards d’humains par an.

Antoine Chevasson

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