FIAC 2016 – Les nouveautés

La Foire internationale d’Art contemporain de Paris 2016 (Fiac) vient de se terminer. Et malgré les risques d’attentats rendant frileux participants et collectionneurs étrangers, la crise qui touche l’art contemporain avec une baisse du chiffre d’affaires des galeristes du fait d’une spéculation irréelle, la profusion des foires rendant parfois illisible les bonnes œuvres. La Fiac tire son épingle du jeu un peu plus chaque année.

LES NOUVEAUTÉS : ON SITE ET LES ARTSISTES REDÉCOUVERTS

La Fiac reste l’une des foires les plus exigeantes au monde, avec un nombre incroyable de pièces de valeurs historiques et non financières comme dans nombre de foires. Si Art Basel demeure indétrônable, la FIAC ne cesse de monter en puissance malgré les ratés importants de Officielle dans les locaux de la Cité de la Mode et du Design (13e arro) et d’une antenne à Los Angeles. Plutôt que de s’éparpiller la direction menée par Jennifer Flay a préféré se concentrer autour du Grand Palais historique et le Jardin des Tuileries pour les œuvres extérieures. Les nouveautés consistent principalement en l’installation d’œuvres sur l’avenue Churchill et l’annexion tant attendue du Petit Palais pour une sorte d’Unlimited version parisienne (nommée On Site), c’est à dire un lieu consacré à des œuvres imposantes ne pouvant être présentées sur les stands « normaux ». Mais le petit bonus beaucoup plus intéressant est situé dans le Salon Jean Perrin consistant à faire redécouvrir des artistes oubliés de l’Histoire de l’art dans des solo shows éducatifs. À mon grand plaisir, Zoran Music est ainsi remis au goût du jour chez Applicat-Prazan. Ses figures cadavériques toutes droit sorties de ses souvenirs des camps d’extermination méritent bien un tel hommage. Mes ses Autoportraits sont encore plus rares. La Beat Generation étant à la mode, Semiose a choisi la facette méconnue de peintre de Williams S. Burroughs alors que le poète graphiste lettriste Henri Chopin se dévoile grâce à Richard Saltoun. Pas mal de femmes aussi, la franco-turque Nil Yalter s’attachant aux minorités (Galerie Espaivisor), la féministe Hessie (Arnaud Lefebvre), Jay DeFeo ou encore Ericka Beckman et ses installations vidéo (Cherry & Martin).

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Claude Viallat sur le stand BERNARD CEYSSON

 

LE RETOUR DES MODERNES, ET DES GALERIES ÉMERGENTES ET/OU FRANÇAISES AU GRAND PALAIS

L’art moderne est trop délaissé dans les foires internationales. Cette année, la Fiac essaye d’y remédier, en partie seulement, avec le superbe stand de la galerie parisienne Le Minotaure, de retour après plusieurs années de refus, mêlant les avant-gardes, de Léon Tutundjian à Léger et Moholy-Nagy. 1900-2000 se concentre sur les Surréalistes et les Vallois optent pour les Nouveaux Réalistes. Michele Casamonti de Tornabuoni débarque avec des petites merveilles de l’avant-garde italienne. La new-yorkaise Venus présente en écho au Centre Pompidou, un ensemble de Magritte. Thaddeaus Ropac a choisi Rauschenberg et Rosenquist. Pour les retours notables, il y a aussi Richard Saltoun, Blum & Poe, Francesca Minini ou Bernard Ceysson (avec un ensemble complet de Support/Surface incroyable). En tout, 11 galeries françaises rejoignent le mouvement, satisfaisant les plaintes hexagonales.
Officielle supprimée le balcon du Grand Palais récupère une partie des participants et des nouveaux venus des pays de l’Est ou d’Asie. Claire Tabouret et ses portraits incroyables sont présents chez Bugada & Cargnel, Testumi Kudo chez Christophe Gaillard. Praz-Delavallade, Triple V ou Meessen De Clercq font leur come-back alors que les Hongrois d’acb et Kisterem et Edouard Malingue de Hong Kong débarquent.

LES JEUNES POUSSES

 

Les artistes tout frais sont à l’honneur, parfois dans des dialogues avec des artistes confirmés, dans plusieurs galeries. Lelong présente Desgranchamps et Toguo, Mariam Goodman dévoilent ses nouveautés : James Welling et Cerith Wyn Evans. Edouard Malingue fait le voyage avec sa belle découverte Samson Young. Les performeurs Lili Reynaud-Dewar et Korakrit Arunanondchai créent le spectacle pour Clearing. Enfin, les artistes français sont bien représentés, à l’image d’Aurélien Froment (Marcelle Alix), Théo Mercier et Claire Tabouret (Bugada & Cargnel) et de Caroline Achaintre (Arcade).

Antoine Chevasson

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