L’escalade aux JO – Critiques sans fin

L’escalade aux JO… critiques sans fin…

Chacun sa charte, son manifeste. Chacun son éthique. Chacun son mot à dire.

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L’escalade va devenir épreuve olympique pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. À l’annonce de cette nouvelle, les critiques positives et négatives se sont déchainées, avec leurs arguments plus ou moins plausibles, plus ou moins attendus ou farfelus. Mais pourquoi tant de remue-ménage ? Parce que la définition de l’escalade est difficile et changeante selon les points de vue, selon les générations et types de grimpeurs.

OUTDOOR VS INDOOR

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Qu’est ce donc que l’escalade ? « Action de grimper, de monter avec effort avec les pieds et les mains, ou de franchir quelque chose en grimpant – exemple : l’escalade d’un mur. Ascension d’une paroi rocheuse d’une montagne, au cours de laquelle l’alpiniste progresse en utilisant ses quatre membres », selon le Larousse. Mais la définition est bien plus complexe. Première opposition de style, l’indoor et l’outdoor. La pratique en salle et en ville est à distinguer de la pratique en pleine nature. Sans compter sur les sensations différentes, le mur artificiel n’a rien à voir avec le granit pur des montagnes. Le plastique ne peut égaler la roche.

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PLAISIR OU COMPÈTE ?

Deuxième accrocs entre pros, la technique même. Il y a ceux pour qui l’escalade reste un plaisir ou un effort individuel en prise avec la nature, la pierre, les éléments qui ne peut donner satisfaction que dans la recherche du bien-être. C’est l’escalade « pure ». Pour l’autre camp, seule la compétition compte et l’aboutissement du plaisir passe par la gagne, par la grimpe toujours plus haute, plus rapide, plus technique. Le dopage peut en faire partie, tout comme la médiatisation extrême, le sponsoring outrancier. Un peu comme ce qui se passe dans le ski avec les stars de compétitions, les fous de poudre blanche prêts à risquer leur vie non pour le plaisir mais pour être médiatisés et pouvoir avoir leurs noms à côté des logos North Face et Red Bull.

JO OR NOT JO ?

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Nous en sommes déjà à quatre sous thèmes, mais voilà que les JO viennent apporter leurs seaux de pleurs et consternations. En effet la compétition japonaise ne comportera que deux épreuves, la version féminine et la version masculine. Elle se déroulera en indoor, sur un mur artificiel avec pour critères : rapidité et difficultés. Une seule épreuve donc. Mais comment trouver un candidat qui puisse allier technique indoor, vitesse et habileté ? La jeune génération semble mieux préparée pour ce melting-pot, ce qui fait enrager les vieux de la vieille qui « eux connaissent ce que c’est que l’escalade ». Chacun sa charte. Chacun son éthique. Certains craignent une montée du dopage, de la fraude technique qui nuiraient à l’image de l’escalade comme sport proche de la nature, respectueux de l’environnement et des différences de chacun grimpeur. Un honneur à sauver pour l’éducation des jeunes. Pour les plus politisés, cela tourne au « mauvais capitalisme ». Celui qui veut faire des profits sur le dos de la « belle discipline ». L’humanisme de l’escalade est mort.
Mais pour d’autres, ceux qui vivent essentiellement du sport, cela peut être un plus. L’économie remporte le match. Les salles de sports et fédérations voient toutes d’un très bon œil cette sélection aux JO. Plus de médiatisations à prévoir, donc d’adhésions à l’année, plus de ventes de matériel, etc, etc… Business is business.

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De ces contradictions naîtront différents courants antagonistes, certes, mais qui pourront vivre, l’un à côté de l’autre. Certains préfèreront l’escalade à la « bonne franquette », entre amis avertis, sur des falaises pures, d’autres opteront pour l’indoor plus facile, comme loisir, enfin les compétiteurs se diviseront entre les amoureux de la nature et les amoureux de la salle. Avant que les JO ne reconnaissent la multiplicité des courants, les amoureux de l’escalade pourront s’adonner à leur plaisir comme bon leur semble. Les querelles semblent donc vaines. Et la hache de guerre pouvoir s’enterrer. Toutes les tendances sont honorables, comme dans tout sport. On peut pratiquer le football entres amis dans son jardin ou en club dans un tournoi ; en tennis, la terre battue cohabite avec les terrains en gore ; en surf, les compétiteurs boivent un coup avec les passionnés amateurs. Pas de guerre, mais un respect mutuel, voilà qui devrait pouvoir être la norme et la définition de l’escalade.

Photos DR, Tumblr, Millet, Petzl

Antoine Chevasson

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