Tiers-Lieu – Le renouveau auxerrois

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Auxerre n’est pas connu pour être une ville innovante et pourtant c’est dans la cité de l’AJA que va se développer un nouveau lieu innovant intitulé Tiers-Lieu. Un type d’endroit que l’on retrouve normalement dans les grandes métropoles, de New York à Tokyo en passant par Amsterdam, Barcelone, Bordeaux ou Lyon.

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UNE VÉRITABLE RUCHE INNOVANTE EN BOURGOGNE

L’objectif n’est pas moins de « participer à la vie des groupes en mettant ses compétences à leur service que de prendre chez les autres ce qui pourrait fonctionner à Auxerre et faire connaître la dynamique de la ville autrement que sous l’angle du vin ou du foot », dixit Simon Laurent.

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Le Tiers-Lieu est un projet du au Fablab icaunais les Beaux Boulons dirigé par Simon Laurent et à la Communauté de Communes auxerroise (CA) qui s’installera dans d’anciens locaux de la SERNAM, à deux pas de la gare donnant un renouveau au quartier délaissé. Un espace hybride qui regroupera diverses activités liées aux innovations technologiques mais pas que. La réfection du quartier a pour but de créer un nouvel Auxerre économique et créatif capable de lancer la petite ville dans le XXIe siècle. Le projet comporte donc l’implantation de startups et PME dans le genre pépinière très à la mode. La halle SERNAM offerte au Tiers-Lieu donnera une touche de liberté et d’improvisation chère à la nouvelle génération Y.

UN ESPACE INTERACTIF

« Il y aura une partie communautaire, ouverte, comme aujourd’hui. Et une offre professionnelle pour permettre aux entreprises de créer des prototypes. », dixit Simon Laurent pour l’Yonne républicaine.

Le Tiers-Lieu se veut être un endroit ouvert et évolutif, regroupant le fablab, des ateliers, des résidences, des espaces de travail collaboratifs, un concept-store, un bar/restaurant et des espaces d’expositions et spectacles. Un lieu pour les geeks fans de nouvelles technologies mais aussi pour les Auxerrois, entre communautés et entreprises. Le Tiers-Lieu rassemblera ingénieurs, fans de numériques, designers, créatifs et curieux autour de 3500m2 de bureaux, ateliers et machines/robots. Un espace éthique œuvrant à une créativité tous azimuts. La halle offrira aussi aux curieux des espaces de démonstrations, d’expositions et spectacles tels que des concerts et des courses de drones et des ateliers pour tous âges. Un bar et une recyclerie sont aussi dans la boîte à idées. Un lieu alternatif donc, à l’image de Darwin à Bordeaux ou la Belle de Mai marseillaise et un « un Totem » pour l’Yonne.

Cette invention hybride s’intègre dans un développement local dans lequel les entreprises de la région seront les premières à en bénéficier. Les associations, écoles, organismes publics et privés, débutants, makers et professionnels seront ainsi associés pour créer ensemble un futur commun.

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UNE VOLONTÉ PUBLIQUE

« La création du Tiers-Lieu émane de la volonté de doter le territoire d’un outil de valorisation des initiatives innovantes et de transition de l’image du territoire. Il est une réponse concrète aux enjeux majeurs du développement numérique, social et écologique de la Communauté d’agglomération de l’Auxerrois. » Rapport de création.

Pas question pour le tiers-lieu de se substituer aux dispositifs existants d’aide à la création d’entreprises. Il se situe en amont, comme un « pré-incubateur », selon les termes du porteur de projet. Avec, en filigrane, l’espoir de retombées pour l’Auxerrois en termes de développement économique et de rayonnement. « Tous les potentiels sont sur le territoire. » L’Yonne républicaine.

La halle du Tiers-Lieu va être rénovée et agencée grâce au financement de la Communauté auxerroise à hauteur d’environ 4 millions d’euros alors que les Beaux Boulons rapatrieront leurs machines à destination de tous. Le fonctionnement est en cours d’élaboration sur la base d’un accord public-privé et associatif. Les travaux ont commencé pour une pré-ouverture mi 2017 avant l’inauguration totale du site en 2018 pour une rentabilité prévue pour 2021. Une rentabilité toujours aussi vague pour de tels projets comme l’a prouvé Darwin Project Bordeaux par le passé. L’Europe, chère au développement numérique, pourrait apporter elle aussi un apport financier ainsi que la grande région Bourgogne-Franche-Comté. Une association va aussi se constituer pour cogérer le tout. Les dirigeants pourront aussi s’appuyer sur les résultats des autres Tiers-Lieux et fablabs hexagonaux.

Le Tiers-Lieu constitue un élément essentiel du renouveau de la ville et de ce quartier en déshérence qui a déjà vu l’implantation d’une école du numérique. Un quartier dédié à l’entreprenariat et aux nouvelles technologies dont le Tiers-Lieu sera le Totem, le phare, l’emblème de cette envie d’évolution sociale, écologique, culturelle et économique au niveau local mais aussi symbole de l’attraction icaunaise en plus de la gastronomie et de son patrimoine architectural. Un lieu de mixité sociale et un terrain d’attractivité pour tous les néo-urbains, bobos voulant concilier nature et technologies.

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Extraits du rapport présenté :

Ce lieu « Totem » aura ainsi pour vocation de devenir un véritable laboratoire des usages numériques et éco-responsables appliqués tant au monde du travail qu’à la sphère privée sur le territoire. Ce projet aura ainsi vocation à être le plus ouvert possible (6/7 jours de 9h à 23h) afin de permettre à tous de venir visiter, travailler, expérimenter, partager et se rencontrer lors d’un atelier ou d’une activité communautaire, ou bien autour d’un verre ou d’un bon repas dans une ambiance conviviale propice à la création de dynamiques collectives. Il deviendra dès lors un lieu de vie incontournable et dynamique pour le futur quartier de l’entreprenariat et pour l’ensemble du territoire. Cet espace hybride devra peu à peu s’intégrer à l’écosystème local en concourant à favoriser la coopération, l’ouverture et la bienveillance, jusqu’à devenir in fine un lieu référence d’expression de la créativité numérique et écologique locale. Le cœur de ce projet est fondé sur la notion de développement intéractif agile – minimisant les risques de rejet – devant permettre notamment :
0. La montée en compétence progressive des communautés qui occuperont cet espace permettant ainsi d’intégrer harmonieusement les différentes activités sur le site ;
0. L’intégration continue de projets innovants et expérimentaux favorisant l’équilibre budgétaire du lieu et participant à la création de dynamiques économiques sur le territoire ;
0. La mixité des publics accueillis au sein du lieu – y compris des entreprises ou des porteurs de projets – fédérés autour de manifestations évènementielles qui favoriseront le rayonnement général du site.

Au-delà de son attractivité économique, le lieu doit donner une image positive du territoire. L’originalité du concept et l’intérêt que suscite ce type d’initiatives au niveau national permet de penser que le Tiers-Lieu participera à l’attractivité du territoire pour les néo-ruraux en quête d’un mode de vie plus adapté à leurs aspirations.
Laboratoire du vivre ensemble
Le concept même de Tiers-Lieu est basé sur les notions de bienveillance, de respect et de collaboration. Dans son usage quotidien, le lieu permet de faire la promotion de ces valeurs. Il favorise la mixité sociale, en fait la promotion et la valorise au sein de la communauté.

Rapport complet consultable ici :
http://movilab.org/index.php?title=Tiers-Lieu_Auxerre

Photos DR, Fablab Les Beaux Boulons, L’Yonne républicaine, Centre France.

Antoine Chevasson

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2 Comments

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  1. L’article est intéressant, mais il me semble dommage de le commencer par une phrase qui tombe forcément, puisque l’on parle d’une petite ville, dans la caricature. « Auxerre n’est pas connue pour être une ville innovante » : sur quoi vous appuyez-vous pour tenir un tel propos ? Il ne s’agit pas de décrire Auxerre comme une métropole internationale, comme une ville-monde où toutes les nouvelles innovations arriveraient en premier mais, tout de même, un peu de nuance ne ferait pas de mal. Connaissez-vous, par exemple, la salle des musiques actuelles qu’est le SILEX, ou encore l’école du numérique qui est située à côté de la gare ? Et bien d’autres activités variées qui fait qu’Auxerre, certes petite ville, n’en est pas moins une ville innovante.

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    • louiseetgustave 29 mai 2017 — 12 h 13 min

      En aucun cas l’article souhaite minimiser Auxerre! Mais il faut reconnaître qu’elle n’est pas parmi les villes les plus connues et dynamiques de France (par rapport à Vichy, Biarritz, Valenciennes, Bourg-en-Bresse, Albi
      …). Quand au Silex je connais, et je crois (mais pas sûr) que l’école du numérique devrait travailler en collaboration avec Le Tiers-Lieu. Concernant la ville d’Auxerre en général, elle se dynamise de plus en plus, comme Sens (et ce malgré la désertification des centres-villes), mais reste aux yeux des Français, un club de foot et malheureusement pas une belle et dynamique petite ville de France! L’éco-quartier est aussi un bon exemple de vitalité de la ville.
      Bonne lecture du Dandy Libéré qui, je l’espère, vous séduira davantage au futur. Merci !

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