10 expositions incontournables de l’automne

 

1 – Les forêts natales – Arts de l’Afrique équatoriale atlantique

290 objets exceptionnels sont réunis au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac. Venant de collections rares ou de musées (Dapper, Barbier-Mueller…) les masques minimalistes, statues d’ancêtres sont regroupés autour d’une identité, d’un style unique et non d’une région particulière (les œuvres sont du Gabon, du Congo ou encore du Cameroun) ce qui est assez rare dans les expositions d’art africain. Yves Le Fur, commissaire souligne d’ailleurs que cette proposition ressemble plus aux expositions d’art roman, détournant son regard de l’ethnie pour se concentrer sur une culture particulière qui n’a pas encore de nom.
3 octobre – 21 janvier / Musée du Quai Branly – Jacques Chirac

2 – François Ier et l’art des Pays-Bas

Considéré comme un spécialiste de la Renaissance italienne on connaît moins la collection d’art flamand de l’érudit François Ier. Le Louvre rassemble pour cette exposition évènement peintures, sculptures, tapisseries mais aussi objets et orfèvreries. L’occasion de découvrir des artistes presque oubliés de nos jours. On se souvient, par exemple, de Léonard de Vinci beaucoup moins de Jean Clouet, lui aussi Peintre du Roi. La découverte de l’automne!
18 octobre – 15 janvier / Louvre

3 – Le jardin des Hansen – La collection Ordrupgaard

 

Une collection quasi invisible tant le musée danois qui la renferme est inconnu. Heureusement elle se dévoile entièrement au Musée Jacquemart-André et c’est forcément un évènement! Il faut aussi dire que la collection est exceptionnelle de par sa qualité! Imaginez Wilhelm Hansen et ses amis obtenir des Monet, Cézanne, Matisse et impressionnistes en seulement 2 ans! Un exploit visible pour quelques mois en France, autant le dire : courrez-y!
15 septembre – 22 janvier / Musée Jacquemart-André

4 – Anders Zorn – Le maître de la peinture suédoise

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Encore un quasi inconnu en France (ou plutôt oublié) et pourtant artiste incroyable de technique et de sensibilité. Inspiré des courants de l’époque (Impressionnisme et Rodin, notablement), des artistes mondains (Tissot, Singer Sargent…) et d’un réalisme à la Caillebotte ou Millet, Zorn nous conte une Suède tantôt idyllique tantôt travailleuse acharnée, suave et douce amère dans des aquarelles d’une incroyable finesse. Ses bords de mer paisibles d’amoureux étourdis ou ses marins pêcheurs ramenant les poissons des fjords offrent une vraie découverte de scènes de genre dont les cadrages semblent inspirer les futurs photographes. Son autre talent est le portrait dont raffolaient alors les femmes de la bonne société scandinave, les personnalités françaises et Roosevelt. Un témoignage de la Belle Époque et du labeur qui se traduit aussi dans ses eau-forte.
15 septembre – 17 décembre / Petit Palais Paris

5 – De Picasso à Séraphine – Wilhelm Uhde et les primitifs modernes

Le seul musée français à consacrer une grande partie de sa collection aux artistes marginaux, naïfs ou bruts, le LaM lillois rend hommage au travail de déminage entrepris par le marchand, critique d’art et collectionneur allemand Wilhelm Uhde pour la promotion et la reconnaissance de ces créateurs indépendants qu’il nomme « primitifs modernes ». Ces œuvres extraordinaires (Séraphine, Bauchant…) se confrontent aux artistes majeurs de l’abstraction ou Picasso dans un aller-retour qui s’annonce de bonne augure.
29 septembre – 7 janvier / LaM Villeneuve-d’Ascq

6 – Gauguin l’alchimiste

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Paul Gauguin est la star de la rentrée! Un film d’Édouard Deluc consacré à ses années polynésiennes et une exposition hommage de son œuvre au Grand Palais. Rien de moins. Cette rétrospective rassemble une grande partie de son travail, de ses essais incessants pour trouver le Graal pictural et le lieu de repos parfait. Tumultueux, fougueux, novateur, Robinson, Gauguin est complexe, multiple comme le révèlent ses œuvres en bois sculpté au couteau, ses références aux voyages et aux arts « primitifs », et bien sûr ses toiles fauvistes. De la Bretagne aux Marquises en passant par Arles Gauguin a su redéfinir ce qu’est l’art.
11 octobre – 22 janvier / Grand Palais Paris

7 – Être moderne – Le MoMA à Paris

La Fondation Vuitton est connue pour ses expositions « paillettes ». Place cet automne à des prêts du MoMA. Le plus grand musée d’art moderne et contemporain new-yorkais prête ses œuvres durant sa rénovation et Arnault en profite. Hopper, de Kooning, Klimt, Cardiff, Matisse, Kusama, Duchamp, Brancusi, Rainer et bien d’autres se contemplent avec les yeux d’un enfant devant une vitrine de Noël.
11 octobre – 5 mars / Fondation Louis Vuitton Paris

8 – Daniel Dezeuze

Le Musée de Grenoble, réputé pour ses expositions de grande facture compose une rétrospective de Daniel Dezeuze, pionnier de l’art moderne français avec ses amis de Supports/Surfaces, donnant à réfléchir sur la notion d’œuvre d’art. Lié au conceptuel et à tort au Pop art, ce mouvement remettait en cause l’ordre établi dans une époque où la désinvolture et l’anarchie cool étaient bon genre. Quoi de plus provoc dans les années soixante qu’un châssis simplement exposé sur un mur blanc? La mode passe, les idéaux aussi et depuis quelques années Dezeuze opère un retour à la figuration.
28 octobre – 28 janvier / Musée de Grenoble

9 – Étranger résident – La collection Marin Karmitz

Pour l’une des dernières expositions de la Maison Rouge avant sa fermeture définitive Antoine de Galbert propose à son ami Marin Karmitz d’investir les lieux avec sa collection. Le producteur de cinéma et président de MK2 expose ses sources d’inspiration et de réconfort. Des artistes parfois secondaires pour la bien-pensance parisienne et pourtant excellents, mais aussi des stars que Karmitz met en scène dans une sorte de film autobiographique et touchant.
15 octobre – 21 janvier / La Maison Rouge Paris

10 – Biennale d’art contemporain de Lyon – Mondes flottants

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Curatorée par Emma Lavigne, directrice de Pompidou-Metz, la nouvelle Biennale lyonnaise se donne pour thème les Mondes flottants. Un titre légèrement basique mais dont on attendait beaucoup après la très réussie édition précédente. La Sucrière, lieu essentiel du parcours, ne remplit pas tous les espoirs même si les gouttes d’eau de Doug Aitken adoucissent l’esprit, le poétise. Des ballons noirs énormes envahissent l’espace et s’interposent à des blocs de béton et autres murs de moellons bruts et sans valeur. Les générations dialoguent, chose nouvelle. Volonté de la commissaire, les artistes modernes se placent en références des contemporains. Fontana rencontre Davide Balula, Broodthaers et Isadora Duncan nagent avec Icaro Zorbar, Ewa Partum et Julien Discrit. Le prêt de nombreuses œuvres du Centre Pompidou arrange les choses. Au Musée d’art contemporain Hans Arp s’enivre des collants épicés d’Ernesto Neto. Sculptures, vidéos, peintures, musiques ainsi mélangées donnent naissance à de nouvelles créations hybrides aux multiples interprétations. Les mondes flottants semblent être des lieux de partage. En centre-ville, Richard Buckminster-Fuller et Céleste Boursier-Mougenot produisent la meilleure œuvre de cette Biennale; les bols du Français bouillant dans un bassin à 30°c s’entrechoquent et répercutent le son dans le dôme très « seventies hippie » (mais datant de 1957) du défunt architecte comme dans une cathédrale. Sublime instant spirituel et artistique.
20 septembre – 7 janvier / Sucrière, Place Bellecour-Antonin-Poncet (jusqu’au 15 novembre) et MAC Lyon

Antoine Chevasson

Photos: Antoine Chevasson, Le Dandy Libéré, DR.

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