Otobong Nkanga

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La scène artistique africaine est en pleine reconnaissance depuis quelques mois. Les expositions thématiques, collectives et individuelles se multiplient, les collectionneurs et musées suivent. Otobong Nkanga est de la partie. Nigériane de 43 ans installée à Anvers, Otobong Nkanga est née à Lagos avant de poursuivre ses études d’art à Paris et Amsterdam. Son travail est souvent en lien avec la culture africaine et la nature qu’elle côtoie encore régulièrement lors de ses voyages au Nigéria.

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Plasticienne, Otobong Nkanga touche à divers matériaux et médiums, les plus utilisés étant la photographie, la sculpture-installation et la performance dans le but de produire des œuvres en réflexion avec le corps, l’identité ou l’environnement. Son travail est une sorte de ré-appropriation artistique, une tentative de dérivation de la réalité pour terminer sur un questionnement philosophique et sociétal. Est-on à notre place? Que faisons-nous de notre vie? Qu’est ce que le quotidien? Des questions ouvertes et larges auxquelles l’artiste ne trouve pas forcément de réponse mais d’autres interrogations, une sorte de livre ouvert, de cadavre exquis dont il faut démêler les fils, comprendre la valeur sous-entendue, la critique de nos modes de vie.

Performances identitaires

Les performances d’Otobong Nkanga n’en sont d’ailleurs pas vraiment, ou alors à un rythme trop lent pour la rétine humaine. Sa voix qu’elle transforme au gré de sa narration ne produit souvent que des sons incompréhensibles pour les Occidentaux mais qui font partie des rites ancestraux africains. Ses œuvres se basent le plus souvent sur les racines et spécificités de l’Afrique, la nature sèche, aride, la lenteur due à la chaleur, le chamanisme… Loin d’être une critique du colonialisme, son travail est plus en lien avec les notions mêmes d’identité et de mémoire perçues par telle ou telle personne, de l’identité propre à chacun. Les spécificités culturelles du Nigéria sont ainsi détournées, restructurées, mixées avec les influences occidentales, mises en dialogue avec celles-ci. C’est le cas par exemple de Contained Measures of Kolanut (2012), installation-performance avec photos de kola (arbre africain) et de petites filles mimant l’arbre, lui-même symbole de spiritualité. Dans ce lieu, elle donne des rencontres et conversations qui peuvent durer plusieurs heures. Autre exemple avec Politics of Representation (2012), performances données à la London Tate Modern.

Un retour aux sources vecteur d’avenir

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Autre aspect de sa réflexion, son questionnement autour du statut de la femme africaine. Sa présence physique et vocale dans ses œuvres parfois très discrète, invisible peut sembler être le reflet de la femme nigériane, toujours en présente en sourdine. Le corps comme point de départ d’émancipation.

Wetin You Go Do ?

L’environnement – entendu comme nature et/ou territoire et non comme écologie – intéresse particulièrement Otobong Nkanga qui en fait un sillon de travail. La terre, les ocres et les arbres sont autant de ressources naturelles et premières pour ses installations. Il en va ainsi pour Contained Measures of Tangible Memories (2008), œuvre réalisée à partir des teintures marocaines. En 2008, au Congo, elle récupère 8 terres colorées pour élaborer une cartographie de l’Afrique, des origines aux colonies (Contained Measures of Land). La terre comme enracinement et vecteur historique, véhicule de réflexion sur l’humanité.

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Ainsi en est du travail d’Otobong Nkanga, performeuse de l’Afrique contemporaine, d’identités multiples et changeantes. L’œuvre artistique comme valeur d’humanité.

Antoine Chevasson

Photos DR.

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