Festival Lumière 2017

 

Prix Lumière : Wong Kar-wai

Sans doute l’un des plus méconnus lauréats du Prix Lumière depuis la création du Festival, Wong Kar-wai est pourtant un personnage central du cinéma asiatique. Avec son traitement romanesque noyé dans une temporalité difficile à définir, Wong Kar-wai dessine un monde sensible, plein d’amours troubles, impossibles ou chavirant dans le spleen. Des cadrages uniques et une lumière spécifique souvent dans les tons sépia-jaunes, des musiques sublimes, un jeu d’acteur impeccable exigé et de longs plans au ralenti : la recette qui fit de In The Mood For Love et 2046 des références mondiales.
Le Festival propose la totalité de ses créations et une sélection du chef parfois à l’opposé de son style telle que la comédie d’aventures loufoques Crazy Kung-fu.
Bonne nouvelle pour les retardataires : si lors des précédentes éditions, les places pour la remise du Prix (vendredi soir, Salle 3000) partaient plus vite que des petits pains en une minute chrono (occasionnant à chaque fois un plantage en règle du serveur informatique, les plaintes des festivaliers mécontents de n’avoir de places, suscitant jalousie et marché noir) cette année il reste encore quelques billets!

Tilda Swinton, Michael Mann, Diane Kurys, Eddy Mitchell, Guillermo del Toro, Anna Karina… et bien d’autres.

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Le Festival invite chaque année une brochette de réalisateurs et d’acteurs à parler de leur art au travers de leurs films et master class. Pour 2017, Eddy Mitchell lancera les festivités dès l’ouverture, suivi par Anna Karina, qui n’est pas que la muse éternelle de Godard, et Jean-François Stévenin, touche à tout magique du cinéma français. Dans le registre gros durs américains William Friedkin (L’Exorciste, French Connection…), Guillermo del Toro (Mexicain à l’esprit hollywoodien tout juste primé à la Mostra pour The Shape of Water, visible en avant-première durant le Festival) et Michael Mann (Collateral, Heat…) se tireront la bourre pour séduire l’épatante multi-visages Tilda Swinton (Le Monde de Narnia, The Grand Budapest Hotel, Snowpiercer, Okja…). La locale d’étape, Diane Kurys se remémorera aux bons souvenirs de sa ville natale (Coup de Foudre – tourné à Lyon avec le duo Huppert-Miou-Miou est immanquable à l’image de son succès de 1990, La Baule-les-Pins). Nicolas Winding-Refn, qui a désormais son rond de serviette, apportera sa sélection annuelle. Une palette de célébrités viendra chaque jour présenter chaque séance; au menu : Catherine Frot, Marisa Parades, Danièle Thomson, Vincent Lindon, Albert Dupontel, Gérard Jugnot, Charles Aznavour, Christophe Lambert, Pierre Richard, Clovis Cornillac…

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Au rayon des rétrospectives : Clouzot et le western américain

Henri-Georges Clouzot, star des réalisateurs des années 1940 à la fin des seventies est remis en pleine lumière avec la totalité de son œuvre, du court-métrage aux succès indémodables que sont le Salaire de la peur (avec Vanel, Montand…), les Diaboliques (Signoret, Meurisse…) ou l’Assassin habite au 21 (Delair, Fresnay…). Les femmes cinéastes oubliées seront comme chaque année mises à l’honneur (Léontine Sagan, Lorenza Mazzetti…). Enfin, Bertrand Tavernier (en plus de nous narrer la suite de « son Histoire du cinéma français ») met l’accent sur les classiques du western américain. L’occasion de revoir les cultes Le Train sifflera trois fois et L’Homme qui tua Liberty Valance mais aussi les pionniers La Porte du diable ou La Flèche brisée donnant une autre vision, plus humaine et sincère de l’Indien, malheureusement caricaturé et maudit en Amérique du Nord.

Autres pépites lyonnaises

 

Difficile de tout récapituler tant le Festival Lumière est exceptionnel et pléthorique. Notons donc la Nuit de l’espace avec on l’espère Thomas Pasquet en invité d’honneur! Gravity, Interstellar, Star Trek et Seul sur Mars seront réunis à la Halle Tony Garnier pour une nuit planante. Au rayon des muets, si Buster Keaton sera encore là, c’est Harold Lloyd qui fera les gros titres. C’est la possibilité de (re)découvrir le troisième larron, moins connu que le premier et Chaplin mais tout aussi ingénieux et comique qu’eux, Lloyd enchantera l’Auditorium.
Des grandes projections, curiosités, ressorties et restaurations citons Le Comte de Monte-Christo, Rencontres du troisième type (version director’s cut), 1900 de Bertolucci, La Leçon de piano, Premier de cordée, Mourir d’aimer (Girardot magistrale!), Le Bel Antonio (Mastroianni macho mais impuissant épouse Claudia Cardinal), l’inventive comédie Annie Hall de Woody Allen, Le Renne blanc (conte historique pour les petits Scandinaves), etc, etc…
Pour les enfants, Disney débarque avec ses films « français » que sont les Aristochats, La Belle et la Bête, Le Bossu de Notre-Dame mais aussi Ratatouille et le Roi Lion.

Le Festival Lumière : lieu de vie

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Cette année, ce sont 700 bénévoles qui entoureront les équipes de Thierry Frémaux et Bertrand Tavernier pour vous faire vivre le cinéma dans son esprit joyeux et… lyonnais. Car oui, Lyon est différent de Paris, Cannes ou Deauville. Ici les artistes invités sont plus détendus et moins harcelés qu’ailleurs. Pour preuve la quasi totalité des séances est présentée par une personnalité du milieu. Les Lyonnais réputés froids sont de bons vivants respectueux du talent et de la vie des stars. Pas de concours de selfies mais des rencontres à la bonne franquette façon mâchon (petit dej’ fait de Beaujolais, Saint-Marcellin, gratons, Lyonnais et artistes attablés ensemble riant d’une bonne imitation de Laurent Gerra). Le Village du Festival (Institut Lumière et péniche La Plateforme) accueille tout un chacun à la découverte des quelques 4500 films référencés à la vente, une brocante, un restaurant/bar (la gastronomie n’est jamais loin à Lyon!), une librairie, un parc, le musée et bien sûr le lieu de naissance du cinéma avec l’usine Lumière (devenue salle de cinéma) dont la « Ressortie » sera réalisée par Wong Kar-wai (et sûrement del Toro et/ou Mann) dirigeant les festivaliers, artistes et un chien comme dans le premier film de l’Histoire du Septième Art.

Antoine Chevasson
Photos DR, vidéos YouTube, Institut et Festival Lumière, Antoine Chevasson, Le Dandy Libéré.

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