Fiac 2017 – Réussite totale

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Les sourires semblaient de mise dans les travées des foires automnales et salles de vente parisiennes. La Fiac semble rattraper de plus en plus sa concurrente anglaise qu’est Frieze. Si 15 jours séparent les deux événements, les collectionneurs ne sont pas repartis chez eux, préférant, enfin, traverser la Manche pour rejoindre le Grand Palais mais aussi les ventes aux enchères inédites. Une situation inédite qui s’explique par l’optimisme français, la fin des craintes d’attentats et des finances mondiales au vert. Les poches pleines, les collectionneurs hexagonaux et étrangers ont dépensé avec frénésie leurs millions d’euros.

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Tout le monde se frotte les mains. Cette année, les réaménagements et nouveautés de la Fiac ont fonctionné, mais, les réjouissances viennent aussi – c’est rare – des foires satellites telles qu’Outsider Art Fair ou Art Élysées et des maisons de vente.

Le sourire aux lèvres

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Au sein de la Fiac même, les petites galeries ont aussi bien vendu que les mastodontes de la verrière. Les programmations On Site et Design sont des réussites à pérenniser. Les performances -pourtant invendables – ont fonctionné. Les mélanges d’art moderne, de stars contemporaines et de jeunes pousses ont bénéficié à l’ensemble. Chose inédite, les musées (dont des français) recommencent à acheter. Autre satisfaction, les Français se lâchent avec plaisir, dévalisant les galeries Max Hetzler et Kamel Mennour. Les artistes hexagonaux retrouvent aussi des couleurs en voyant leurs œuvres s’arracher. Les Camille Henrot – bénéficiant d’une belle exposition au Palais de Tokyo -, Soulages, Morellet, Messager, Gréaud ou Laurent Grasso ont vu leur côte grimper en flèche. Le « Delaunay-Eiffel » (La Tour Eiffel et l’avion) chez le Minotaure ou le Dubuffet provenant du MoMA de chez 1900-2000 sont partis le premier jour. Un Yan Pei-Ming iconique et inspiré de Manet fut emballé pour 300 000€. Les habitués des sommets, de Murakami à Kapoor et Lee Ufan (bénéficiant de deux expositions, l’une à Tours, l’autre au Couvent de la Tourette, dans le cadre de la Biennale de Lyon) ont rempli les caisses des galeristes. L’ensemble de bronze de William Kentridge et les Annette Messager ont offert la meilleure participation de la New-yorkaise Marian Goodman. Les très photographiés ballons pop de Jeppe Hein se sont tous envolés pour 19 000€ chacun.

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La réussite de cette Fiac 2017 tient aussi de la programmation muséale de cet automne : le MoMA s’installe à la Fondation Vuitton, Gauguin investit le reste du Grand Palais…

Les foires satellites indépendantes et spécialisées font le plein !

Chose étrange, les foires satellites semblent enfin trouver un rythme de croisière, voire se développer. Plus qu’une section de refoulés à l’entrée du Grand Palais, Art Élysées (qui se tient toujours sur les Champs-Élysées devant la Fiac) attire de plus en plus les collectionneurs. Les modernes Léger, Le Corbusier ou couple Delaunay y étaient représentés. Grande satisfaction aussi pour la jeune Asiatique Now qui étire les limites géographiques de sa sélection. La scène coréenne semble être la nouvelle hype à l’instar des Japonais et Sud-asiatiques (vus aussi à la Fiac). Les prix moins élevés font naître de nouveaux acheteurs. L’Outsider Art Fair parisienne, ayant elle aussi élargit son panel de propositions, voit surtout les historiques bruts remporter le succès. Madge Gill, Henry Darger ou Wölfi entrent dans des collections privées.
Déception en revanche du côté de la YIA (Young International Art Fair parisienne) qui multiplie les œuvres sans réelles découvertes, dommage, il y a pourtant du potentiel. Paris Internationale branchée comme jamais (DJ’s, locaux désaffectés de Libération, esprit garage underground berlinois) fait parler d’elle mais la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.

Les maisons de vente s’alignent elles aussi !

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Enfin, alignement des planètes oblige, les maisons de vente ont joué le jeu et réussi grandement leur pari. Reprogrammant leurs ventes d’automne pour la semaine de la Fiac, Sotheby’s, Christie’s, Aguttes, Digard, Artcurial ont flairé le bon tempo. Banco que ce soit pour l’art moderne ou contemporain, le design ou les avant-gardes. La collection Prat et son Basquiat (parti pour 15 millions €) ont attiré les lumières mais c’est toute la semaine que les chiffres d’affaires se sont réalisés. Les records sont tombés. La collection de Figuration narrative et libre présentée par Digard Auction a fait un 100%. Artcurial et son Charlotte For Ever a vu s’envoler des lots inédits ou rares de la designer française pour des sommes de lofts londoniens.

Faire naître des vocations

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Qualité de l’offre pléthorique, expositions magistrales, retour en force de foires satellites indépendantes complémentaires et ventes aux enchères spectaculaires ont su attirer les collectionneurs français et étrangers. Même si les prix élevés des œuvres limitent le nombre d’acheteurs potentiels, la fréquentation encore en hausse (près de 74 000 visiteurs) prouve que les franciliens, provinciaux et touristes étrangers sont friands de spectaculaire et d’événement de la sorte. L’admiration pour l’art se fait dorénavant aussi par des foires commerciales. Est-ce un mal? Si la spéculation est derrière, oui forcément; mais si cela renforce les liens avec l’art et donne naissance à une nouvelle génération de collectionneurs, d’artistes ou de spécialistes : non, c’est même une nécessité!

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Photos et texte Antoine Chevasson.

 

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